La coordinatrice humanitaire par intérim, Amy Martin, est profondément préoccupée par les conséquences mortelles des opérations militaires qui mettent en danger la vie et la protection des civils, et condamne fermement la mort de plus de 20 personnes suite à une frappe aérienne militaire.

Le 3 janvier, selon des sources communautaires, une frappe militaire aérienne aurait fait 19 morts et neuf blessés dont trois graves à Bounti, à environ 45 km au nord-est de la ville de Douentza dans la région de Mopti. Ensuite, des blessés évacués par une organisation humanitaire auraient été arrêtés et tués par des individus non identifiés.

« S’il est avéré que des civils aient été ciblés lors de cette attaque, cela constituerait une grave violation du droit international humanitaire qui garantit la protection des civils, du personnel et des biens humanitaires dans les conflits armés », déclare Amy Martin.

« Comme l’a demandé la Commission Nationale de Défense des Droits de l’Homme, il est important que toute la lumière soit faite sur cet évènement », ajoute-t-elle.

Le centre du Mali est en proie à une insécurité croissante causée par des conflits intercommunautaires et des affrontements entre les forces de sécurité et les groupes armés. Cette situation entraine des pertes en vies humaines et des déplacements de populations, ayant un impact sur les moyens de subsistance et la résilience des populations.

En 2020, la région de Mopti a été l’épicentre d’incidents de protection avec 35 pour cent des 4 036 incidents collectés sur l’ensemble du territoire. Elle compte par ailleurs plus de 131 000 personnes déplacées internes. Les besoins des populations sont importants dans tous les secteurs.

Les civils continuent d’être touchés par les affrontements entre groupes armés et par les répercussions des opérations antiterroristes et leur protection constitue une préoccupation majeure pour la communauté humanitaire du Mali. Selon le dernier Rapport du Secrétaire général sur la situation au Mali couvrant le dernier trimestre de l’année 2020, entre le 1er octobre et le 1er décembre, 232 événements avaient affecté les civils faisant 182 morts, 175 blessés et 163 personnes enlevées dans tout le pays. La région de Mopti est la plus touchée avec 89 événements (39 pour cent du total) qui ont touché les civils causant 127 morts, 104 blessés et 46 personnes enlevées.

« Je réitère mon appel à l’ouverture d’une enquête sur cet incident. J’appelle à davantage de mobilisation des acteurs humanitaires pour apporter une réponse à toutes les victimes » a conclut Amy Martin.

Les organisations humanitaires, particulièrement celles œuvrant dans le domaine de la santé et de la protection, continuent de subvenir aux besoins humanitaires les plus urgents des populations civiles.

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