Une maladie encore présente dans plusieurs zones
Le Sénégal s’est fixé pour objectif d’éliminer le paludisme d’ici 2030. Malgré les efforts déployés dans la prévention et la prise en charge, la maladie continue toutefois de représenter un enjeu majeur de santé publique dans plusieurs zones du pays. Face à cette situation, les acteurs de la lutte contre le paludisme estiment que la communication et la sensibilisation doivent occuper une place importante dans les stratégies visant à réduire la transmission de la maladie et à favoriser l’implication des communautés.
Les médias au cœur de la sensibilisation
C’est dans cette dynamique que la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS) en collaboration avec Speak Up Africa, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), l’OSIDEA et l’ONG Zéro Palu, entre autres partenaires, a organisé une rencontre destinée à renforcer les capacités des jeunes journalistes. L’objectif était notamment de permettre aux professionnels des médias de mieux comprendre les enjeux liés au paludisme et de renforcer leur capacité à traiter cette problématique dans leurs productions journalistiques.
Des chiffres qui montrent l’ampleur du défi
Les échanges ont permis de revenir sur la persistance de la maladie dans certaines régions du Sénégal, malgré les progrès enregistrés ces dernières années. Selon les données présentées lors de la rencontre, le pays a enregistré 245 562 cas confirmés de paludisme en 2025, soit une hausse par rapport à 2021. La situation demeure particulièrement préoccupante dans certaines zones, notamment à Kédougou, où la transmission reste importante. Les participants ont ainsi été invités à tenir compte des disparités régionales dans le traitement de la question du paludisme.
Urbanisation et mobilité, des facteurs à surveiller
Les participants ont également été sensibilisés aux facteurs susceptibles de favoriser la transmission de la maladie. L’urbanisation, les grands chantiers et certaines conditions environnementales peuvent notamment créer des espaces propices à la prolifération des moustiques. Dans certaines régions, les déplacements des populations et la mobilité peuvent également contribuer à la transmission du paludisme. Une meilleure prise en compte de ces réalités apparaît dès lors nécessaire dans les stratégies de prévention et de communication.
Renforcer les capacités des journalistes
Au-delà des données épidémiologiques, la rencontre a surtout insisté sur la responsabilité des médias dans la lutte contre le paludisme. Pour les organisateurs, les journalistes constituent des acteurs importants dans la diffusion des messages de prévention et dans l’accompagnement des communautés. Ils sont ainsi appelés à mieux s’approprier les questions liées au paludisme afin de produire des contenus accessibles, pédagogiques et adaptés aux réalités des différentes populations.
Speak Up Africa mise sur l’engagement médiatique
Speak Up Africa a, de son côté, mis l’accent sur l’implication des médias dans la lutte contre le paludisme. L’organisation entend renforcer les capacités des professionnels des médias afin de leur permettre de mieux traiter les questions de santé, mais également celles liées à l’équité de genre. L’objectif est notamment de développer une approche davantage axée sur la communication stratégique et le plaidoyer, tout en permettant aux journalistes de mieux relayer les messages de prévention auprès du grand public.
Les obstacles à l’élimination du paludisme
Les discussions ont également porté sur les difficultés susceptibles de ralentir les efforts d’élimination du paludisme. Les participants ont notamment évoqué les défis liés à la mobilisation des ressources, aux mouvements de grève et à certaines problématiques sociales pouvant affecter les interventions de santé. La question du genre et l’implication communautaire ont également occupé une place importante dans les échanges, les participants estimant que la lutte contre le paludisme ne peut être dissociée des réalités sociales des populations.
Vers une mobilisation renforcée des médias
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent inscrire davantage les journalistes dans la dynamique nationale d’élimination du paludisme. L’ambition est de favoriser une meilleure production journalistique sur cette problématique et de renforcer la sensibilisation des populations. À quatre années de l’échéance fixée à 2030, le défi reste important. La mobilisation des professionnels de santé, des communautés, des partenaires et des médias apparaît comme un élément déterminant pour faire reculer durablement le paludisme au Sénégal.