Selon le Comité de règlement des différends de l’Armp, depuis 2017, la convention permettant l’activité de Canal + au Sénégal serait désuète.

La base légale des activités de la filiale locale de Canal+ est tombée en désuétude selon les termes qui régissent sa convention signée avec le gouvernement sénégalais, renouvelé en décembre 2011.

C’est ce qu’a conclu un avis du Comité de règlements des différends (CRD) dont Pulse détient copie. Cet avis fait suite à une demande d’Excaf Telecom, opérateur chargé du passage à la radiodiffusion numérique au Sénégal, sur la régularité de l’activité de Canal + dans le pays. Le CRD, jugé compétent en la matière, a déclaré que la convention entre l’Etat et Canal + datant de 2011 devait être renouvelée avec le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA).

Une convention sur mesure et complaisante signée en 1991

Rappelons que Canal a bénéficié d’une convention sur mesure et complaisante signée par le gouvernement de Diouf en 1991. Au Sénégal, le groupe français a exercé dans l’illégalité depuis près de 20 ans, selon les termes qui régissent sa convention signée avec le gouvernement sénégalais, renouvelé en décembre 2011.

Après avoir usé de toutes les ficelles du lobbying, Canal plus a réussi à faire plier le gouvernement d’Abdoulaye Wade de l’époque pour se faire une nouvelle convention de concession de 10 ans qui prend fin en 2021.

Une concession de 10 ans qui prend fin en 2021

Les comptes et mécomptes doivent être faits pour élucider le manque à gagner et le préjudice financier subi par le trésor public sénégalais, la Rts et les producteurs et professionnels du cinéma en 26 ans d’exploitation du service par Canal.

Dans la stratégie de recolonisation culturelle, Canal a depuis 2014 décidé de créer « ses propres chaînes » chez nous. Ainsi après le projet « A+ », le groupe français vient de lancer une chaîne sportive africaine et prévoit d’éditer des chaînes sur les thématiques des séries, du cinéma et du divertissement.

Si la stratégie de Canal aboutit, la TNT va entrer dans son escarcelle et lui donner toute notre souveraineté audiovisuelle et culturelle. Ce qui serait un précédent dangereux pour notre identité et notre culture malmenée déjà avec toutes ces images imposées par l’Occident qui a réussi à acculturer et pervertir notre jeunesse.

Non content de faire une opa sur l’audiovisuel, Canal cherche aussi à étouffer le sous-secteur des cablo-distributeurs qui emploie près de 10.000 jeunes sénégalais. Ces derniers sont traqués par la justice sur demande de Canal.

Les prix des abonnements pratiqués par Canal+ au Sénégal via sa filiale Canal Horizons sont exorbitants. Il faut compter 20.000 CFA pour un abonnement de base, dans un pays où le salaire moyen est de… 40.000 Francs CFA. Dit autrement, s’abonner à Canal Horizons coûte environ 30 % du salaire moyen d’un sénégalais… contre moins de 5 % du salaire minimum d’un français abonné à CanalSat.