Journalistes emprisonnés : le Sénégal dans le top 5 africain

Le recensement annuel 2023 des journalistes emprisonnés dans le monde a été publié hier par le CPJ (Committe to ProtectJournalists). Selon l’organisation, le nombre d’emprisonnés frôle un niveau record. Et le Sénégal n’est pas en reste. Il est classé dans le top 5 africain.

Manifestation-de-la-Presse-au-Senegal-pour-la-libération-du-journaliste-Pape-Alé-Niang | Pulse

En Afrique subsaharienne, le nombre de journalistes emprisonnés au 1er décembre est passé à 47, contre 31 en 2022 et 30 en 2021. Malheureusement, constate le CPJ, le Sénégal, autre fois un phare de la liberté de la presse dans la région, a connu un pic d’arrestations de journalistes en 2023. A en croire l’organisation de protection des journalistes, les données montrent une répression des médias au Sénégal, en Zambie, en Angola et à Madagascar.

Non sans préciser que le Sénégal, qui compte cinq journalistes emprisonnés, n’a figuré que deux fois auparavant (2008 et 2022) dans le recensement, avec, chaque année, un journaliste emprisonné recensé. Dans le recensement 2023, il est classé cinquième pays où l’on emprisonne le plus des journalistes derrière, l’Erythrée (1), l’Egypte (2), l’Éthiopie (3) et le Cameroun (5).

Il faut noter par ailleurs qu’au total, dans le monde, le CPJ a documenté 320 journalistes derrière les barreaux au 1er décembre 2023, date du recensement. Ce nombre est le deuxième plus élevé jamais enregistré par le CPJ depuis le début du recensement en 1992 – « un baromètre inquiétant de l’autoritarisme enraciné et de la sévérité des gouvernements déterminés à étouffer les voix indépendantes ».

Selon le CPJ, certains gouvernements vont encore plus loin en utilisant la répression transnationale pour menacer et harceler les journalistes au-delà de leurs frontières. Les recherches menées par le CPJ montrent également que plus de 65 % des journalistes re[1]censés, soit 209, font l’objet d’accusations de complot contre l’État, telles que la diffusion de fausses nouvelles et le terrorisme, en représailles à leurs reportages critiques.

« Dans 66 cas, les journalistes détenus n’ont pas encore été informés des charges qui pèsent contre eux. Ils sont souvent confrontés à des conditions de détention inutilement cruelles, les procédures régulières sont fréquemment bafouées par les autorités qui prolongent la détention provisoire des journalistes, et les avocats des journalistes eux-mêmes font l’objet de représailles dans le monde entier», lit-on dans le rapport du CPJ. En définitive, il a été noté qu’au moins 94 des 320 journalistes figurant dans le recensement de 2023, soit près de 30 %, sont connus pour avoir des problèmes de santé.

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Nombre d’entre eux, souligne le rapport, n’ont pas accès à des médicaments ou à des médecins, mais leurs familles sont souvent réticentes à s’exprimer par crainte de représailles à l’encontre de leurs proches. Les recherches du CPJ ont révélé de nombreux cas où des journalistes emprisonnés ont été privés de soins de santé, de médicaments et parfois de produits de première nécessité comme le chauffage, l’eau chaude et l’électricité.

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