Quatre (4) hommes politiques sénégalais disparus des radars

Il existe une constante en politique : vous faites la pluie et le beau temps aujourd’hui, on vous oublie ensuite. L’échiquier politique sénégalais ne fait pas figure d’exception. Ils ont été ministres, députés et maires, mais sont aujourd'hui dans l'ombre. Voici le TOP 4 des hommes politiques sénégalais qui ont aujourd'hui « disparu de nos radars ».

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  • Landing Savané

Né le 10 janvier 1945 à Bignona en Casamance, Landing Savané acquiert une connaissance solide du territoire sénégalais grâce aux nombreuses affectations de son père, policier sous la colonisation française.

Brillant élève, il part e France pour poursuivre ses études. Il intègre l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) où il obtient en 1969 un diplôme d'ingénieur statisticien économiste.

Comme beaucoup de jeunes de l'époque, il s'engage dans la politique. Il embrasse le maoïsme. Puis, les événements de mai 68 vont exacerber son engagement. Il rejoint l'Association des étudiants sénégalais de France (AESF). Ils se font remarquer par leur discours virulent envers le président Léopold Sédar Senghor. Ils lui reprochent d'être trop complaisant avec le passé colonial.

Sur le plan national, malgré son poste de conseiller à la Direction des statistiques du ministère des Finances sous Abdou Diouf, M. Savané continue de mener des activités militantes dans la clandestinité. En 1974, il crée le parti And-Jëf/Mouvement révolutionnaire pour la démocratie nouvelle, ce qui lui vaudra une arrestation en 1975 pour « atteinte à la sûreté de l'État ».

Landing Savané ne sera plus dans l’illégalité à partir de 1981, avec l’instauration du multipartisme. Il se présente à l'élection présidentielle de 1988, 2 849 électeurs votent pour lui, soit 0,25 %. Il gagne davantage de représentativité lors de l’élection présidentielle de 1993, en se classant troisième derrière le président sortant Diouf et Abdoulaye Wade. Il obtient 37 787 voix, soit 2,91 %.

Il sera tour à tour député, vice-président du groupe parlementaire « Liberté, Démocratie et Progrès (LDP) » et ministre de l'Artisanat, des Mines et de l'Industrie.

  • Robert Sagna 

Né le 17 avril 1939 à Brin, en Casamance, le nom de Robert Sagna est intimement lié à la mairie de Ziguinchor. Il a été l’édile de cette ville pendant près de 24 ans.

Ingénieur agronome de formation, il a été plusieurs fois ministre sous Senghor puis sous Abdou Diouf. Il a été également député près d’une vingtaine d’années.

Au Sénégal, dans la conscience collective, lorsqu’on évoque le nom de cet homme politique âgé aujourd’hui de 83 ans on pense aux différentes tentatives de résolution de la crise casamançaise à travers le GRPC (Groupe de Recherche pour la Paix en Casamance).

En 2007, Robert Sagna participe à l'élection présidentielle, sous la bannière Démocratie-Solidarité. Il recueille 88 446 voix, soit 2,58 %.

Sa défaite face à Abdoulaye Baldé, Secrétaire général de la Présidence de la République et candidat du Parti démocratique sénégalais (PDS), lors des élections locales du 22 mars 2009 signe sa « mort politique ».

Des observateurs comme Harouna Fall expliquent, dans un article paru dans L'Observateur le 2 avril 2009, que cette défaite est due à l’usure du pouvoir.

  • Mamadou Lamine Loum

Né le 3 février 1952 à Mboss dans la région de Kaolack, Mamadou Lamine Loum fut Premier ministre sous le régime d’Abdou Diouf. Il est sorti de l'École nationale de la magistrature du Sénégal. Le Trésor public et l’économie sont ses domaines de prédilection. Il sera tour à tour, Inspecteur, Trésorier général, Secrétaire d'État chargé du budget et ministre des Finances. Avec le Club de Paris, son équipe va négocier le rééchelonnement de la dette du Sénégal.

Sur le plan politique, M. Loum monte en puissance dans un contexte de tensions internes au sein du Parti socialiste dont il est membre. La rivalité entre Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse faisait rage. Mamadou Lamine Loum succède ainsi à Habib Thiam comme Premier ministre en juillet 1998. Moustapha Niasse est remplacé au poste de ministre des Affaires étrangères par Jacques Baudin.

Clap de fin ! Les Sénégalais retiendront surtout de Mamadou Lamine Loum comme le dernier Premier ministre d’Abdou Diouf. Ironie du sort : il sera succédé à ce poste par Moustapha Niasse en avril 2000.

  • Abdoulaye Bathily

Né en 1947, Abdoulaye Bathily est l’un de ces intellectuels qui se distinguent par leur rigueur scientifique et leurs convictions dures comme fer. Ce Soninké né à Tuabou, un village qui se situe dans le département de Bakel et jadis capitale du royaume de Galam, est un historien et universitaire réputé. Il a soutenu une thèse sur le royaume de Galam à l'Université de Birmingham en 1975. Il enseigne l'histoire moderne et contemporaine à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Sur le plan politique, Abdoulaye Bathily est un rebelle né ! Il a probablement acquis ce trait de caractère lors de sa formation. En effet, il fut enfant de troupe au Prytanée militaire de Saint-Louis de 1959 à 1966. Il est toutefois exclu de cette prestigieuse école parce qu’étant meneur de grèves. Malgré son jeune âge, l’homme politique désirait ardemment contribuer au changement du mode de gouvernance de son pays. « Je suis de tendance socialiste globale, mais à l'époque, l'air du temps, c'était le marxisme. Mais fondamentalement, nous voulions changer la société », se confie-t-il à RFI en juillet 2013.

Il va lui aussi participer aux événements de mai 68 au Sénégal. Cette fois-ci en tant qu’étudiant, il est à la tête de plusieurs luttes sociales à l’université de Dakar, ce qui lui vaut une exclusion en 1971. « 68, c'était un combat pour parachever la décolonisation, mais également pour asseoir les droits politiques », renchérit-il.

Quelques années plus tard, le multipartisme voit le jour au Sénégal. L’ancien enfant de troupe dirige alors la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT) pendant 29 ans. Il sera tour à tour député, vice-président de l'Assemblée nationale et ministre sous Abdou Diouf et Macky Sall. Il a occupé les postes de ministre d'État auprès du Président de la République, ministre de l'Environnement et ministre de l'Énergie et des Mines.

Enfin, deux événements marquent sa retraite politique. D’abord, il sort malheureux de l'élection présidentielle de 2007. Sa coalition Jubbanti-Sénégal, Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT) n’a recueilli que 75 797 voix, soit 2,21 %5. Ensuite, en juillet 2013, Mamadou Ndoye lui succède à la tête du LD/MPT.

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