Emigration clandestine : comment les passeurs contournent la DNLT

"Barça ou Barsakh" a repris service. L'on vous révèle comment les passeurs ou convoyeurs déjouent le dispositif mixte de contrôle en mer pour rejoindre l'Europe.

A undated photo provided by the Hellenic Coast Guard shows migrants onboard a boat before it capsized somehwere off the coast of Greece.Hellenic Coast Guard/Handout via Reuters

Ces derniers jours, le "Barça ou le Barsakh" (Barça ou la mort) a repris de plus belle. La preuve par les chiffres de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT). Du mois de janvier à nos jours, les éléments de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées ont procédé à l’arrestation d’un total de 703 migrants sur les côtes sénégalaises.

Mais comment les convoyeurs et capitaines de fortune parviennent-ils à passer entre les mailles des filets du dispositif mixte de contrôle, géré en synergie par la marine nationale et les patrouilleurs de la Guardia Civil espagnole ? Selon les informations de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et de pratiques assimilées (Dnlt) dévoilées par L'Obs, il est difficile de contrôler les 700 km de côtes, pour une surface maritime couvrant environ 200.000 kilomètre carrés. En d’autres termes, il faut patrouiller sur un rayon d’action plus vaste plus vaste que la superficie terrestre du Sénégal.

Pour déjouer les plans des forces de sécurité, les convoyeurs mettent en place plusieurs stratégies. Les jours de départs sont choisis durant les périodes de célébrations (Fête de Korité, de Tabaski, les Magal et Gamou, qui sont les plus grands évènements religieux au Sénégal). « Nous avons assisté cette année à une percée du système de ce qu’ils appellent dans leur jargon, les bateaux-taxis. Il s’agit de grandes embarcations qui généralement prennent départ dans la sous-région (Gambien ou Guinée). Ils font des escales sur les plages du littoral, le Sénégal y compris, et récupèrent des migrants avisés de l’arrivée du bateau-taxi », confie la DNLT.

D’autres modes d’opératoires utilisés dernièrement par les convoyeurs sont décelés. Il s’agit selon les hommes du commissaire Faye, des déports fragmentés vers d’autres plages plus discrètes. Dans la pratique, ce sont plusieurs petites pirogues qui sont utilisées pour embarquer entre 5 à 10 passagers. Au cours du contrôle en mer, ils se font passer pour des pêcheurs, et poursuivent ainsi leur trajet pour rejoindre des pirogues moyennes, lesquelles les acheminent en haute mer ou les attend une embarcation importante.

Autre subterfuge, il s’agit de l’astuce de la diversion. Les passagers sont convoyés vers une plage X, puis vers une deuxième plage, voire un troisième point de départ, avant le véritable et grand départ vers l’Espagne.

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Sur la terre ferme, les organisateurs de ces voyages clandestins ont également revu leur mode opératoire. Au lieu de réunir les migrants dans une maison, généralement située à proximité d'une plage de départ, les convoyeurs ont choisi une toute autre option plus discrète. Les organisateurs qui ont vu plusieurs de leurs projets capoter ces derniers temps à Dakar, ont choisi d'héberger leurs clients sénégalais et étrangers dans des hôtels, auberges et autres réceptifs.

Ainsi la complicité de certains gérants de ces réceptifs qui choisissent de ne pas dénoncer cette pratique est dénoncée. C'est d'ailleurs pourquoi, notent-ils, «à ce jour, plusieurs gérants de ces réceptifs ont eu à être arrêtés et certains déférés ».

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