Meurtre de Sanda Dia en Belgique : 18 jeunes condamnés en appel

Cet élève ingénieur avait été contraint de boire des quantités d’alcool importantes avant d’ingurgiter une mixture à base d’huile de poisson et d’endurer un bain d’eau glacée.

Sandia Dia

Le calvaire de Sanda Dia, un Anversois d'origine sénégalaise et mort en 2018 des suites de son bizutage, avait ému la Belgique. Dix-huit camarades de l’étudiant ont été condamnés vendredi 26 mai 2023 à des travaux d’intérêt général pour coups et blessures ayant involontairement entraîné la mort.

Le 5 décembre 2018, le cercle estudiantin avait organisé une épreuve de baptême à laquelle ont pris part Sanda Dia, 20 ans, et deux autres « bleus ». L’activité avait débuté à Louvain et s’était poursuivie dans un chalet à Vorselaar (province d’Anvers) où la victime avait dû rester plusieurs heures dans un puits glacé.

L’état de santé du jeune homme s’était nettement dégradé après avoir ingurgité de l’alcool et de l’huile de poisson. La victime, originaire d’Edegem en province d’Anvers, était décédée le 7 décembre 2018 à l’hôpital.

La Cour d’appel d’Anvers s'est prononcée vendredi sur le sort de dix-huit camarades de cet étudiant de 20 ans jugés pour son bizutage fatal. Des peines allant de 18 à 50 mois de prison ont été réclamées par le parquet il y a deux mois, assorties d’amendes s’élevant jusqu’à 8.000 euros et de cinq ans de privation des droits civiques.

Mais la cour a été plus clémente, écartant le chef d’« administration de substance nocive ayant entraîné la mort », une référence à la mixture très salée à base d’huile de poisson qu’avait dû ingurgiter le bizut, et dont les médecins ont estimé qu’elle était la cause de l’œdème cérébral fatal.

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Les dix-huit étudiants renvoyés en correctionnelle deux ans après les faits sont tous reconnus coupables de « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ils reçoivent selon les cas des peines de deux cents, deux cent cinquante ou trois cents heures de travaux d’intérêt général, ainsi que 400 euros d’amende, sans compter les milliers d’euros de dommages et intérêts dus aux parties civiles.

La Cour a aussi écarté, outre l’administration de substance nocive, la « non-assistance à personne en danger ». Les membres de la fraternité Reuzegom, le cercle – aujourd’hui dissous – dans lequel le bizutage avait eu lieu, « ont fait le nécessaire dès qu’ils ont vu qu’il [Sanda Dia] était en danger », a commenté une porte-parole de la cour d’appel, citant les motivations de l’arrêt. Après l’épisode du puits d’eau glacée, « ils lui ont donné des vêtements secs, ont essayé de le réchauffer », a affirmé cette porte-parole.

La décision du tribunal a été accueillie par la famille Dia avec « soulagement » et « frustration », selon Me Sven Mary, avocat du père. Cependant, « il reste un grand vide et des questions auxquelles la famille n’aura jamais de réponse », a-t-il déploré, fustigeant l’« omerta » qui a régné durant toute la procédure au sein du cercle Reuzegom.

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