Infanticides, avortements, sexualité : les chiffres du mal !

Une étude menée par African Population and Health Research Center, Ibis Reproductive Health and Population Council, 2023, axée sur le thème ‘’Ethnographie de l’infanticide au Sénégal : expériences et mécanismes de pénalisation’’ a été présentée hier mardi 17 octobre 2023.

grossesse-enceinte

L'infanticide défini comme l'homicide ou la négligence fatale d'un enfant de moins d'un an, reste une réalité tragique au Sénégal. Une étude récente estime que 22 % des femmes emprisonnées dans le pays le sont pour des motifs liés à l'infanticide ou à l'avortement. Des recherches antérieures menées au Sénégal ont montré des liens entre l'infanticide et les restrictions légales de l’avortement et les normes sociales et religieuses autours de la procréation.

Trois sites de recherche distincts à Dakar : prisons pour femmes, cadres institutionnels (Palais de justice, commissariat de police, établissements de santé) et quartiers de Dakar et de ses environs ont été choisis. Au total, 19 femmes impliquées dans des faits d’avortement, 11 de leurs proches et 26 informateurs clés provenant des systèmes judicaires et de santé, d’organisations de la société civile et de la communauté ont été questionnés.

  • Ce que révèle l’étude  

Les résultats selon le document, ont montré qu’ils sont liés à des déterminants des grossesses non planifiées, une précarité des conditions socio- économiques, notamment une fragilité des liens familiaux ou de mariage. A cela s’ajoute, des conditions d'emploi précaires obligeant les jeunes femmes à chercher du travail loin de chez elles (à Dakar) et dans des conditions difficiles. Dans ces contextes, les femmes se retrouvent vulnérables aux agressions sexuelles ou contraintes de s’engager dans des transactions sexuelles - parfois imposées par des proches - pour régler des dettes.

  • 224 femmes détenues dans 14 établissements pénitentiaires
ADVERTISEMENT

Selon une étude menée entre septembre et octobre 2023, par le comité de plaidoyer pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste (Task force) avec l’appui de l’ONG Planned Parenthood Global (PPG), les résultats ont montré qu’au moment de l’étude, sur les 37 établissements pénitentiaires que compte le pays, seuls 14 établissements pénitentiaires abritaient des femmes incarcérées pour infanticide ou avortement clandestin. Que sur les 244 femmes détenues dans l’ensemble de ces établissements pénitentiaires, 59 (24,18 %) ont été concernées par l’objet de l’étude. Parmi ces dernières, 54, soit 91,5 %, sont poursuivies pour infanticide et cinq, soit 8,5%, pour avortement clandestin.

  • Plus de 30 000 cas d’avortement par an

‘’Le nombre de femmes détenues pour ces deux infractions est cependant faible par rapport aux données des autorités étatiques (Direction de la Santé de la mère et de l’enfant du ministère de la Santé et de l’Action sociale) : plus de 30 000 cas d’avortement par an (2020). Également, le nombre de femmes incarcérées pour ces deux faits ne représente que 18,51 % de la population féminine en milieu carcéral’’, lit-on dans la même source.

  • Les IST, les grossesses et mariages précoces en chiffres

La santé durant l’adolescence a un impact à toutes les étapes de la vie. Le directeur général de santé de la mère et de l’enfant (DSME) a donné les statistiques qui tournent autour de la problématique de l’adolescent-jeune. En effet, les dernières enquêtes démographiques et de santé (2017 et 2019) révèlent que le taux de mariages d’enfants et d’adolescents est de 30.5%), le taux de grossesse précoce reste élevé et il estimé à 13, 8, la prévalence des infections sexuellement transmissibles est assez élevé avec 16, 5% chez les adolescents âgés entre 15-19ans et 29,3% chez les jeunes 20-24ans.

Sur le même sillage, le taux de Prévalence Contraceptive est de 7,6% chez les adolescentes de 15-19 ans mariées et de 12,8 % chez les 20-24 ans mariées, la prévalence des Violences domestiques ou sexuelles chez les filles de 15-24 ans est de 28%. En effet, pour ce qui est des mères adolescentes âgées de 10 à 19 ans, elles font face à des risques plus élevés de complications que les jeunes femmes âgées de 20 à 24 ans. Il faut noter que le risque de mortalité liée à la grossesse chez les adolescentes est environ de 30% plus élevé que celui des jeunes femmes âgées de 20-24 ans, la précocité de la fécondité chez les adolescentes (1,4 % des adolescents de 15 ans ; 17, 9% des adolescents de 18 ans et 32,8 % chez les adolescents de 19 ans).

ADVERTISEMENT

Témoin d'un événement? Contactez-nous directement sur nos réseaux sociaux ou via:

Email: temoin@pulse.sn

ADVERTISEMENT