Viols et agressions sur des domestiques : Près de 500 cas en 15 mois

458 cas de viols et de violences sexuelles sur les domestiques ont été recensés en janvier 2021 et mars 2022.

Violences domestiques

Après les violences verbales, les violences sexuelles apparaissent comme la deuxième forme de violence la plus fréquente dans l’espace de travail domestique qui affectent plus de la moitié des "bonnes" dans le cadre de leur travail. Généralement orchestrées par des hommes (les employeurs, leurs fils ou leurs proches parents), les violences sexuelles s’expriment, dans le cadre de la domesticité, par des chantages sexuels, des avances déplaisantes, des harcèlements ainsi que par des attouchements.

À ces pratiques, il faut ajouter des faits et des tentatives de viol qui sont parfois notés. De tels actes sont parfois associés à des menaces, des dénigrements, des attitudes de mépris et de dévalorisation qui expriment, à leur tour, une forme de violence psychologique. Selon les chiffres de l’Association des femmes juristes (AJS), du 1er janvier 2021 au mois de mars 2022 (soit sur une période de 15 mois), ses boutiques de droit ont enregistré au total 3 773 consultations. 458 cas de violences sexuelles, 255 cas de violence économique, 202 cas de droit pénal, 68 cas de droit des obligations civiles et commerciales, 2319 de cas de droit de la famille, 101 cas de droit divers, 14 cas de droit administratif et 332 cas pour d’autres catégories ont été recensés. La violence sexuelle les « bonnes » qui finissent par rentrer au village, un enfant dans les bras. La situation de précarité économique aboutit généralement à des grossesses non désirées.

Violences verbales

Une enquête effectuée auprès des travailleuses domestiques montre que la violence verbale, sous toutes ses formes, est bien présente dans l’espace de la domesticité. Sur un total de 39 domestiques interrogées, 32 estiment avoir subi au moins un acte de violence dans le cadre de la relation de travail. Près de la moitié de ces victimes (14 cas sur 32) subit des actes de violence au moins une fois par mois alors que près du tiers (9 cas sur 32) en subit chaque semaine. La combinaison de ces données respectives montre que plus des deux tiers des domestiques (28 cas sur 39) subissent de manière régulière des faits de violences dans leur espace de travail domestique.

Un travail très mal rémunéré

Selon l’enquête nationale sur l’emploi au Sénégal (ENES) réalisée par l’ANSD 3 (2016), les activités spéciales de ménages constituent la branche d’activité qui emploie le plus de salariés au Sénégal (12,3). Bien qu’il existe des lois régissant l’emploi au Sénégal, le marché du travail domestique semble échapper aux régulations officielles. Pour preuve, le niveau de rémunération du travail domestique est largement inférieur au seuil prévu par la législation en matière de travail. L’enquête effectuée auprès des travailleuses domestiques montre que le travail effectué par ces dernières est faiblement rémunéré. En effet, on constate, sur la base des données recueillies, que la faible rémunération est une réalité du travail domestique dans la mesure où 37 travailleuses domestiques sur 39 rencontrées perçoivent une rémunération mensuelle inférieure au salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) qui est passé à 55 000 F CFA en janvier 2019 6. La majeure partie de ces travailleuses reçoit un salaire compris entre 25 000 et 44 000 F CFA. Parmi celles-ci, une bonne partie reçoit un salaire inférieur à 35 000 F CFA.

Une surcharge de travail non rémunérée

À Dakar, l’une des caractéristiques de la domesticité est la surcharge de travail du personnel domestique. À l’image des constats effectués à l’échelle africaine (BIT), cette surcharge est relative à la prolongation des horaires du travail, à la multitude des tâches domestiques et à l’absence de repos hebdomadaires et de congés. En effet, contrairement aux dispositions de la législation sénégalaise qui prévoit, de manière générale, une durée hebdomadaire de 40 heures de travail par semaine (à raison de 8 heures de travail par jour), le personnel domestique que nous avons interrogé travaille entre 60 et 70 heures par semaine et près de 10 heures par jour.

Obligées généralement de se présenter sur le lieu de travail vers 7 heures du matin, avant le départ de leurs employeurs pour le boulot, les travailleuses domestiques sont contraintes d’attendre le retour de ces derniers (vers 20 heures) pour se libérer de leur charge de travail. En effet, en plus de l’obligation d’assurer la toilette des enfants et de leur servir le petit déjeuner, les travailleuses domestiques sont également chargées de faire le marché, de préparer et de servir les repas, de laver les ustensiles de cuisine, de nettoyer le domicile (chambres, salons, véranda, toilettes, cuisines, cour ou devanture, portes et murs de la maison, etc.) parfois à plusieurs reprises, de laver les habits des enfants, de surveiller les enfants ainsi que le domicile de leurs patrons. Certaines d’entre elles associent ces tâches au convoiement des enfants vers leurs établissements respectifs et la récupération de ces derniers à la descente. Ainsi, elles sont souvent tenues pour responsable de tout ce qui peut arriver à ces enfants.

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