Le drame est survenu, mercredi dernier sur le chantier de reconstruction du lycée Seydina Limamoulaye de Guédiawaye. Selon des témoins recueillis par L'OBS, il était presque 18 heures, lorsque Khalifa Ababacar Sy et cinq de ses collègues ont terminé leur journée sur un échafaudage installé au cinquième niveau d’un bâtiment devant abriter des salles de classe et un bloc administratif.
Le film de la chute
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Faute de ceintures de sécurité, seulement deux pour six ouvriers, ils tentent de descendre en passant par une fenêtre donnant sur le troisième étage. En suivant la file, le maçon a glissé, entraîné par la planche, et a violemment chuté au sol. Alertés par le fracas, ses camarades et d’autres ouvriers se sont précipités à son secours. Le patron de l’entreprise Kelimane, Fafa Cissé, a immédiatement appelé les sapeurs-pompiers.
Le maçon meurt lors de son évacuation
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Le procureur ouvre une enquête
La victime, grièvement blessée, a été évacuée vers l’hôpital Principal de Dakar, mais elle a succombé en cours de route.La nouvelle a plongé sa famille dans la colère et l’incompréhension. Le lendemain, ses proches se sont rendus au commissariat de Guédiawaye pour obtenir une réquisition en vue de l’autopsie. Le Procureur a ordonné qu’une équipe d’enquêteurs et la police scientifique se rendent sur le site pour constater les faits. En attendant la remise des résultats de l’autopsie, la douleur et la colère restent vives. «Les conditions de sécurité sont insuffisantes sur ce chantier, notre fils n’avait aucune protection», fulmine un proche du défunt
.Accidents récurrents depuis le lancement de la reconstruction
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Aliou Diallo, proviseur du lycée, a confirmé l’accident. Il a toutefois tenu à préciser que le chantier ne relève pas directement de la tutelle du lycée. «L’entreprise a été choisie et mandatée par le ministère de la Formation professionnelle. Nous suivons seulement l’avancement des travaux», a-t-il laissé entendre. Le responsable a reconnu qu’il s’agissait «au moins du deuxième incident du genre» sur le site. Des sources concordantes parlent en effet d’accidents récurrents depuis le lancement de la reconstruction, il y a deux ans, pour un coût estimé à près de 12 milliards de FCFA. Les travaux, qui auraient dû s’achever en décembre dernier, accusent déjà du retard.