Manifestations à Ngor : Amnesty dégoupille une grenade sur la gendarmerie

Amnesty International dénonce l’usage excessif de la force lors des manifestations sanglantes à Ngor.

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Les organisations de défense des droits de l’Homme n’attribuent pas une bonne note au Sénégal. Réagissant à la mort d’une adolescente de 15 ans (Adja Diallo) et aux affrontements entre les forces de l’ordre et des habitants du quartier Ngor à Dakar, Ousmane Diallo, chercheur au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s'en prend aux forces de défense et de sécurité.

Il déclare : « Amnesty International dénonce l’usage excessif de la force par la gendarmerie à Ngor, lors de la journée du 9 mai et durant les manifestations précédentes dans ce quartier. Amnesty International rappelle que, conformément au droit international, l’usage de la force lors du maintien de l’ordre doit être strictement nécessaire et proportionnel, et que l’utilisation des armes à feu est interdite sauf en cas de danger imminent de mort ou blessure grave ».

Il rembobine : « Depuis mi-avril, des habitants de Ngor manifestent à propos de l’utilisation d’un domaine foncier. Amnesty International a visionné plusieurs vidéos et images où l’on voit des gendarmes faire preuve d’usage excessif de la force contre des manifestants, tirant par balles dans leur direction, et tirant des grenades lacrymogènes dans des endroits clos. Dans certaines vidéos, les gendarmes peuvent être vus en train de frapper des personnes arrêtées et menottées, ou en train d’utiliser des individus comme boucliers humains pour progresser dans un quartier où la mobilité a été entravée par plusieurs barricades. »

Amnesty réclame une enquête

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« Nous appelons les autorités à enquêter sur l’usage des armes létales par les forces de l’ordre à Ngor suite à un litige foncier ce 9 mai et lors de précédents incidents », exige Amnesty. L'organisation demande aux autorités notamment de poursuivre et juger les responsables de la mort de 14 personnes dont 12 personnes tuées par des tirs des forces de sécurité lors de manifestations de mars 2021.

Africajom Center et la Raddho ont également le Sénégal dans leurs rapports respectifs sur la situation des droits de l’Homme, le ministre de la Justice s’est défendu hier devant la Cadhp en visio-conférence.

La Raddho est allée vilipender le Sénégal devant l’UA. L’organisation de défense des droits humains, qui a fait un rapport à l’attention de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples de l’Ua sur le Sénégal, fait remarquer que la situation « est marquée depuis quelques années par une restriction des droits civils et politiques, notamment les droits électoraux et les droits à la liberté d’opinion et d’expression ».

La Raddho a ainsi souligné les manifestations réprimées de mars 2021 ayant fait 14 morts et celles de mars 2023. Les auteurs du document font savoir que « l’impunité relative aux violations des droits de l’Homme commises par les membres des Forces de défense et de sécurité qui s’est installée reste une préoccupation ».

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