Amadou Bâ : « les vraies fitna sont ailleurs »
La tension politique monte d’un cran. Le député de Pastef, Amadou Bâ, est monté au créneau à la suite de la déclaration du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Lors d’une allocution, le chef de l’État avait utilisé l’expression wolof « Sa fitna » pour qualifier un adversaire politique, un terme renvoyant à une attitude jugée belliqueuse ou déstabilisatrice. Bien que la cible n’ait pas été explicitement nommée, cette sortie a été largement interprétée par l’opinion comme visant l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. En réaction, Amadou Bâ n’a pas tardé à répondre. Dans une publication sur sa page Facebook, le parlementaire a retourné la formule en affirmant identifier « deux véritables fitna » qui, selon lui, menacent la stabilité et la bonne gouvernance du pays. Sur le plan économique, il dénonce la gestion actuelle des affaires publiques. Le député critique notamment le recours à des acteurs qu’il accuse d’avoir été, durant plusieurs années, des « prédateurs économiques ». Il estime que le pouvoir chercherait à freiner la reddition des comptes, notamment sur le dossier de la dette dite « cachée », au profit de calculs politiques liés à la transhumance.
Sur le terrain politique, Amadou Bâ fustige également ce qu’il considère comme une instrumentalisation du calendrier électoral. Selon lui, le respect des échéances constitutionnelles serait conditionné à des intérêts partisans favorables au nouveau régime. Il accuse en outre les autorités de reproduire certaines pratiques de l’ancien pouvoir, notamment en tentant d’écarter des adversaires politiques sous couvert de lutte contre la violence. Le député s’est enfin opposé à toute tentative de réconciliation nationale qui, selon lui, ne reposerait pas sur des bases de justice et de réparation pour les victimes des événements passés.