Suite et pas fin du de l'affaire Prodac opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang. Alors que les avocats de Ousmane Sonko ont saisi la justice pour la révision du procès en diffamation pour laquelle le leader de Pastef a été condamné, l'ex-ministre de la Jeunesse, après ses révélations explosives sur le rapport de l'IGF que l'actuel ministre des Finances (Cheikh Diba) a approuvé, ouvre une autre front judiciaire. Selon les infos de L'OBSERVATEUR, de Paris (France) où il se trouve présentement, l’ancien ministre de Macky Sall a déposé, le 2 janvier 2026, deux plaintes contre des membres de la défense de Ousmane Sonko.
Une des requêtes est adressée au Procureur général près la Cour d'Appel de Dakar, tandis que l’autre est destinée au Bâtonnier de l'Ordre des avocats du Sénégal. Et quatre avocats de Ousmane Sonko, à savoir Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye, sont visés par les plaintes de l’ancien ministre, Mame Mbaye Niang, qui les accuse de «diffamation, faux intellectuel et violation des règles de la profession d'Avocat». Tout est parti de la conférence de presse, le 22 décembre 2025, des avocats du Premier ministre Ousmane Sonko.
Ce jour, écrit l’ancien ministre Mame Mbaye Niang, «Me Macodou Ndour a déclaré, pour justifier une prétendue révision du procès qui m'avait opposé à Ousmane Sonko et qui, faut-il le rappeler, est définitivement clôturé, que j'avais fait décaisser à l'Etat du Sénégal la somme de plus de 2 milliards de FCfa pour le compte de Green 2000 en signant un ordre de démarrage de travaux sans qu'un marché ne soit signé». Réfutant ces propos de la robe noire, Mame Mbaye Niang estime qu’ils sont «archi-faux». Pis, l’ancien ministre sous le régime de Macky Sall juge extrêmement grave cette assertion.
«Car, fait-il savoir dans sa plainte adressée au Procureur général près la Cour d'Appel de Dakar, étant des propos qui portent atteinte à mon honneur, à ma considération, mais aussi et surtout de tels propos subodorent une entente frauduleuse pour soustraire de l'argent public alors qu'il sait très bien que l'ordre de démarrage qu'il excipe et que j'ai effectivement signé est postérieur à la signature du marché sauf pour lui de brandir un autre ordre de service, ce qui serait encore plus grave, car constituera un faux manifeste dans le but de tromper l'opinion et satisfaire son client au mépris de règles qui régissent sa profession.»
Me Abdy Nar Ndiaye est reproché d’avoir traduit ces propos en Wolof. «S'agissant de Me Massokhna Kane, lit-on dans la plainte, il a aussi véhiculé une déclaration qui, nécessairement, a pour but de tromper l'opinion, mais aussi une tentative désespérée de porter un sacré coup à mon honorabilité, en déclarant à la presse qu'il existe un rapport qui m'aurait épinglé pour détournement de deniers publics, rapport supposément excipé par Me Sylva, caractérisant le faux intellectuel».
Toujours, selon les termes de la plainte de Mame Mbaye Niang, les avocats, Mes Ndour et Kane, ont enfoncé le clou et réitéré des propos déshonorant le plaignant sur Seneweb TV et sur la TFM, chaînes ayant une grande audience. Déclarant avoir joint dans sa plainte une clé USB contenant l'ensemble des déclarations, l’ancien ministre lâche : «C'est la raison pour laquelle je me suis permis de vous saisir afin que les mesures nécessaires puissent être prises pour que de tels faits soient examinés et que les sanctions prévues soient prises.»
Mame Mbaye Niang a réaffirmé les mêmes propos et reproches dans la plainte adressée au Bâtonnier de l'Ordre des avocats du Sénégal visant Mes Macodou Ndour, Massokhna Kane, Magna Brice Sylva et Abdy Nar Ndiaye. «J'ai l'honneur de porter à votre connaissance des faits qui constituent une violation des règles de votre profession par les avocats susnommés, mais aussi pour diffamation et faux intellectuel», écrit-il dans sa requête. Avant d’ajouter que ces actes posés par ces avocats sont contraires aux principes déontologiques qui régissent leur profession et nuisent à l'image de l'Ordre des Avocats.