Echanges autour des violences basées sur le genre au Mali entre des actrices de la lutte et le chef de la MINUSMA

La situation des violences basées sur le genre, les progrès accomplis et les défis à relever en la matière par les acteurs avec le soutien de la MINUSMA, sont au cœur d’une table ronde de MIKADO FM. Au micro de la radio de l’ONU au Mali, la présidente de l’Association pour le progrès et la défense des droits des Femmes (APDF), Bintou COULIBALY, la conseillère principale de la MINUSMA pour la Protection des femmes, Fabiola Wizeye NGERUKA, échangent avec El-Ghassim WANE, chef de la Mission de l’ONU au Mali. Une émission enregistrée en marge de la Campagne des 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences basées sur le genre (VBG).

United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA)

Des chiffres en hausse

« Les chiffres sur les VBG sont alarmants, » précise dans son introduction Mame DIARRA DIOP qui conduit le débat pour Mikado FM. « Rien qu’entre janvier et octobre 2021, » rappelle-telle, « plus de 7900 nouveaux cas de VBG ont été répertoriés selon le système d’information et de gestion des VBG ». Près de la moitié des Maliennes de 15 à 49 ans soit 49% d’entre elles, déclarent avoir subi au moins une fois dans leur vie, une forme de VBG (violence émotionnelle, physique et/ou sexuelle).

Prévention, protection, appui aux services holistiques et lutte contre l’impunité, sont les principaux piliers de la lutte contre ces violences. C’est ce à quoi travaille l’Etat, soutenu par ses partenaires internationaux et nationaux comme la société civile malienne. Présente en studio au titre de cette société civile, Bintou COULIBALY, poursuit le préoccupant constat, laissant tout de même entrevoir une lueur d’espoir : « les chiffres sont en hausse parce qu’avant les femmes n’osaient pas dénoncer. Aujourd’hui avec les sensibilisations, les 16 jours d’activisme, elles ont pris conscience et actuellement elles dénoncent. C’est pourquoi, le chiffre est élevé et pour nous, c’est positif parce qu’elles osent dénoncer ». Principaux artisans de ce changement de comportement les organisations de la société civile qui luttent contre ce fléau, basent leur action notamment sur les hommes qu’elles sensibilisent afin qu’ils relaient le message auprès de leurs pairs. Ces dernières années, le concept « he for she » (lui pour elle) est particulièrement promu notamment au cours des 16 jours d’activisme dont l’année 2021 est la 30ème édition.

Ce que fait l’ONU au Mali y compris contre les violences sexuelles liées aux conflits

« Les ONG internationales qui ont une expertise en matière de VBG sont mobilisées pour appuyer les organisations nationales et locales, ce qui constitue une forme de mentorat, pour avoir un réel impact sur la lutte contre les VBG. La MINUSMA a un accompagnement technique et financier, envers la société civile malienne et cet appui se poursuivra, » a expliqué la conseillère principale de la MINUSMA pour la Protection des Femmes, Fabiola Wizeye NGERUKA lors de l’émission. À travers son bureau pour la Protection des Femmes, la Mission Onusienne au Mali soutient les actrices/acteurs de la lutte, tels que les associations et ONG mais également les différents départements de l’Etat. Il s’agit pour le bureau de Protection des Femmes de la Mission, de former les forces de défense et de sécurité ou encore les acteurs de la justice à une meilleure prévention et réponse à ces violences. La MINUSMA soutient également les efforts de lutte contre l’impunité de l’Etat malien. Sur ce point, le Chef de la MINUSMA déclare qu’ « il faut des actions concrètes en matière de justice, pour envoyer des messages clairs. J’invite les autorités maliennes à faire en sorte que les procédures judiciaires soient accélérées de manière à ce que la lutte contre l’impunité soit plus visible et contribue à rendre justice et à éviter la répétition de ces incidents de violences basées sur le genre ».

Le bureau de la protection des femmes de la MINUSMA contribue aussi au renforcement de capacité des services de prise en charge des personnes survivantes de violences sexuelles, tels que les One Stop Centers, à travers des formations sur les meilleures pratiques pour leur accueil, orientation, et accompagnement. Ces centres soutenus par les Nations Unies et qui s’élèvent à près d’une quinzaine au Mali, permettent aux victimes de pouvoir bénéficier d’un accompagnement (médical, juridique, psychosocial). « La personne qui a subi des violences basées sur le genre doit être au centre de toutes les réponses que nous conduisons, » déclare Fabiola Wizeye NGERUKA. « C’est cette survivante-là de VBG qui est au cœur de l’action des One Stop Centers qui œuvrent pour la prise en charge des victimes », renchérit-elle avant de conclure : « Ils permettent aux victimes de briser le silence et d’aller chercher les services ». Et El-Ghassim WANE d’ajouter : « sur les One Stop Centers, tout doit être fait pour ramener les services de prise en charge des victimes dans les zones le plus reculées du Mali, la ou les cas de violences sont les plus prégnants ».

Au plan politique, les Nations Unies et le gouvernement malien ont signé en 2019 un communiqué conjoint afin de lutter contre les violences sexuelles liées au conflit. Un plan d’action visant à mettre en œuvre ce communiqué a été officiellement validé en octobre 2021. Toutefois pour M. WANE, « en matière de violences sexuelles liées au conflit, le travail n’est pas tant de multiplier les textes et conventions, mais d’œuvrer pour leur mise en œuvre, ce qui constitue un travail de longue haleine. Cela nécessite une mobilisation de nos partenaires maliens et à tous les niveaux ».

Enfin, sur un plan plus interne, la conseillère à la protection des femmes et ses équipes s’assurent que la question des VBG/Violences sexuelles liées au conflit soit toujours pris en compte dans les processus de stabilisation au Mali.

Un engagement constant et renouvelé

Durant les 60 minutes de cette table ronde, le tableau peint de la situation des VBG au Mali, reflète la réalité faite à la fois d’avancées notables mais aussi d’un long chemin à parcourir pour parvenir à l’élimination des violences commises à l’encontre des femmes et des filles. Pour le RSSG WANE, « c’est un combat fondamental pour la dignité humaine. C’est un combat qui engage toutes les couches de la société et qui doit être mené quels que soient nos niveaux de responsabilité… Les gouvernements ont un rôle crucial à jouer, un rôle qu’ils doivent assumer. Nous devons résorber le faussé qui existe entre les textes, les engagements qui sont pris et leur mise en œuvre. J’ose espérer que ces 16 jours d’activisme vont nous inspirer pour faire davantage. Je pense que ces violences constituent une honte pour nous tous et nous ne pouvons pas nous retrouver l’année prochaine à célébrer les 16 jours d’activisme avec la même situation. Elle doit changer, changer fondamentalement et nous pouvons la changer ».

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).

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