35 millions volés à l’hôpital Roi Baudoin: la caissière et la prestataire libres
Nouveau rebondissemen dans le scandale de détournement de 35 millions qui éclabouse l’hôpital Baudoin de Guédiawaye. Reconduites auprès du juge d'instruction après un week-end passé en retour de parquet, la caissière et la prestataire, au cœur de cette affaire, ont été inculpées mais ont évité de justesse le mandat de dépôt. D'après les infos de L'OBS, M. Sèye, caissière principale de l'hôpital Baudoin et M. Fall, prestataire de service, sa complice présumée, ont été présentées, hier mardi, au juge d’instruction du deuxième cabinet du tribunal de Pikine-Guédiawaye. Alors que le procureur avait requis leur placement sous mandat de dépôt, le magistrat instructeur, au terme de leurs auditions les a inculpés pour association de malfaiteurs et détournement de deniers publics, tout en les plaçant sous contrôle judiciaire.
Lbres pour des raisons de santé
Selon des sources hospitalières, leur état de santé aurait pesé dans la balance. M. Sèye, souffrirait d’épilepsie, tandis que sa co-inculpée, M. Fall, serait une jeune mère allaitante également fragilisée. Mieux, la première a été donnée en mariage hier, et pourrait désormais retrouver son foyer. Mais derrière ce répit judiciaire, l’ombre d’une affaire dont l’établissement sanitaire Roi Baudoin n’a pas encore le fin mot. Tout commence il y a quelques semaines, avec un remaniement à la tête de la caisse. Une nouvelle agente de caisse principale, Mme Sy, fraîchement arrivée de l’hôpital Youssou Mbargane de Rufisque, prend fonction dans un contexte déjà trouble. Son prédécesseur avait quitté son poste de manière précipitée, officiellement pour un séjour médical à l’étranger. Un départ aujourd’hui entouré de soupçons.
Les faits de détournement
À peine installée, la nouvelle responsable engage des vérifications. Très vite, les chiffres ne collent pas. Face aux incohérences, un audit financier est déclenché avec l’appui des inspections des ministères des Finances et de la Santé. Le couperet tombe à quelques jours de la Korité: un gap de 35 millions de FCFA est formellement établi. Les premiers éléments de l’enquête révèlent un procédé aussi discret qu’efficace. Selon les enquêteurs, la caissière, en complicité avec la prestataire chargée des dépôts bancaires, aurait mis en place un système dit de “saut de jour”.
Certaines recettes journalières issues des consultations, examens et soins n’étaient tout simplement pas reversées à la banque. Jour après jour, ces montants soustraits auraient fini par créer un manque abyssal dans les caisses de l’hôpital. Alertée par le rapport d’audit, la direction de l’établissement avait d’abord opté pour une mise à pied conservatoire, avant de saisir la Brigade de recherches de Keur Massar par une plainte contre X. Interpellées le 31 mars, les deux suspects avaient été placées en garde à vue avant leur déferrement.