"Diomaye conducteur de moto Jakarta", "coup d’État" : Doudou Wade risque gros
L’émission «Faram Facee» de la chaîne Tfm, diffusée le 28 janvier dernier, joue ce vendredi les prolongations à la Sûreté urbaine. L’animateur de ladite émission, Pape Ngagne Ndiaye et Amadou Moustapha Wade dit Doudou Wade sont convoqués, ce vendredi, à la Sûreté urbaine pour des faits les concernant. Selon des sources concordantes de L'OBS, ces convocations font suite à une auto-saisine du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Dakar, lequel a transmis le dossier à la Sûreté urbaine de Dakar.
Ce qui est reproché à Doudou Wade et Pape Ngagne
Une procédure judiciaire qui vise essentiellement des propos tenus par Doudou Wade qui portent précisément sur deux extraits tirés de l’émission «Faram Facee». Selon la source judiciaire, le premier renvoie au passage où Doudou Wade assimile «le chef de l’État à un conducteur de moto Jakarta». Le second fait référence à «une incitation à un coup d’État». Le visionnage de l’émission en question montre Doudou Wade, responsable politique au sein du Parti démocratique sénégalais (Pds), présenter les parcours politiques «honorables» des précédents présidents de la République : «Abdou Diouf a fait dix ans de Primature, puis vingt ans à la tête du pays. Il est succédé par Abdoulaye Wade, éminent universitaire qui a eu un parcours politique notoire avant de conduire les destinées du pays. Macky Sall a, lui, gravi tous les échelons en occupant des postes de ministre, de Premier ministre, de président de l’Assemblée nationale…»
Ces éminentes figures de l’État, insinue-t-il, ont parfaitement piloté un Boeing A-337 (en référence à l’appareil de l’État, ndlr), lequel appareil serait aujourd’hui confié à un conducteur de moto Jakarta (référence faite à l’actuel chef de l’État). Il poursuit en indiquant que c’est au moment du décollage que le peuple réalise que le pilote est un conducteur de moto Jakarta. Il conclut son raisonnement en disant que c’est à cet instant précis que le peuple doit prendre ses responsabilités en lui interdisant de piloter.
Prolixe, le responsable politique poursuit en ces termes : «Le pays est en danger et puisqu’il est géré par quelqu’un à qui nous avons confié les destinées du pays et un second qu’il a lui-même nommé, il faut dégager celui qui est nommé.» Doudou Wade déroule alors sur un terrain plus glissant : «Ce n’est pas facile, ce n’est pas démocratique, mais il est arrivé un moment où l’on a sauvé la République par le coup d’État ou par l’Armée. Pour exemple, la France est passée d’un régime monarchique à une République, puis de nouveau à une monarchie, avant d’adopter définitivement la République. Parce qu’à l’époque, ces transitions s’imposaient…»
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Le responsable politique va conclure ce passage en affirmant explicitement que «Ousmane Sonko est devenu un danger public. (…) La majeure partie des jeunes qui l’idolâtraient, et j’en connais plusieurs, disent regretter leur choix de le soutenir, et certains se demandent même comment ils en sont arrivés à s’investir en sa faveur. Nous leur répondons que c’est parce que vous ne nous aviez pas écoutés…» Des propos qui, confient L'OBS, pourraient orienter l’enquête vers des infractions lourdes de conséquences.