Echec à l’OIF : Amadou Lamine Sall charge Diomaye et son DC : "J’ai été sacrifié"
«Tout, tout, jusqu’au bout, nous a été fermé»
Dans un entretien avec L'OBS, le poète, Amadou Lamine Sall révèle que son ambition de se hisser au sommet de la Francophonie s’est heurtée à un mutisme total des autorités sénégalaises. Sans détours, il revient sur les non-dits de sa candidature et sur ses aventures. "J’ai donc attendu, sagement, après avoir écrit le 06 août 2025 à Monsieur le président de la République. À ce jour, aucune réponse, alors que les candidatures sont closes depuis le 03 avril dernier. À aucun moment, je n’ai douté d’un simple et courtois retour de courrier pour me dire oui ou non. J’aurai été honoré si c’était un oui, honoré si c’était un non. Juste répondre", déplore-t-il.
Il rembobine : "Le chef de l’État doit pouvoir donner suite aux correspondances qui lui sont adressées. C’est plus qu’un respect républicain. C’est un devoir républicain. Une éthique républicaine. Le Président ne peut pas tout donner, certes, mais il doit répondre. C’est ce que l’on m’a appris. Malgré ce qui s’est passé, mon respect demeure. À quoi bon le contraire. (...) Il est difficile de donner un nom à ce qui vient de se passer. Disons joliment que la raison d’État est impénétrable et que «le fond de la pirogue n’est pas le fond de l’eau".
"Cette absence de soutien relève de l’irrationnel et ce n’est pas non plus poétique"
Il ajoute : "J’avoue n’avoir pas d’explication. Cela relève de l’irrationnel et ce n’est pas non plus poétique. Pour en dire le moins. La vérité, très tôt, après le dépôt de ma requête de candidature, des faits bien étranges m’ont été rapportés, preuves à l’appui : un ami qui m’est proche et qui était présent aux États Unis lors d’une commémoration de la traite négrière que le président de la République présidait, a eu des échanges aigres avec deux membres du cabinet présidentiel qui ont eu à dénoncer vertement la manière dont ma candidature a été portée par la presse, alors que c’est au chef de l’État à qui revenait avant tous et avant toute communication, de se prononcer d’abord. Ils se reconnaîtront."
Un mur entre le haut cabinet présidentiel et moi"
Il dénonce : "(...) Et puis, un mur s’est dressé, très haut et comme insonorisé, entre moi et le haut cabinet présidentiel. J’ai tout tenté pour parler à quelqu’un. Sans suite. J’ai réécrit au chef de l’État. Aucune réponse. Bouche cousue. Oreilles bouchées. Et puis, est apparue une lumière : de son nom, Madame la Représentante Personnelle à la Francophonie de Monsieur le président de la République. Je n’ai jamais pu trouver une explication humaine à ce colossal silence du palais. Il y a mieux encore et qui pourrait expliquer un silence d’inconfort. "
«Le directeur de cabinet du président de la République, grand mathématicien et honorable poète, m’a fermé portes, fenêtres, volets et caves»
Il s'en prend à Mary Teuw Niane : "J'ai été sacrifié par le silence et le manque d’ouverture et d’échange avec le président de la République -que Dieu veille sur lui - à qui j’ai demandé deux fois une audience sans suite. Si j’avais pu échanger avec lui, cela aurait pu changer la donne. Plus douloureux encore, son directeur de cabinet - mes respects - qui, lui aussi, un ami d’hier, grand mathématicien et honorable poète pour ceux qui l’ignoraient, m’a fermé portes, fenêtres, volets et caves. Refus de tout échange, de tout contact. Voilà les faits si tristes ! Nous aurions pu nous comprendre et garder un respect réciproque et une fraternité ouverte et heureuse, si nous avions été accepté et admis."