Ce Mercredi 28 janvier 2026, le juge démissionnaire et responsable politique Ibrahima Hamidou Dème est monté au créneau lors d’une déclaration de presse. Le 8 janvier 2026, l’ancien juge Dème dit avoir adressé des demandes formelles à la Présidence de la République, à la Primature et au ministère des Finances, sollicitant une information précise et d’intérêt public : le montant exact des fonds spéciaux dits fonds politiques, alloués au président de la République et au Premier ministre pour les exercices budgétaires 2025 et 2026.
Or, plus de quinze jours francs après le dépôt des courriers (délai maximal fixé par la loi), aucune des institutions saisies n’a daigné répondre. Ni communication des montants demandés, ni refus motivé. Un silence que l’ancien magistrat qualifie de violation manifeste et délibérée de la loi. Pour Ibrahima Hamidou Dème, cette situation est d’autant plus grave qu’elle implique directement le Premier ministre Ousmane Sonko, au moment même où ce dernier adopte un discours offensif au Maroc contre les magistrats, accusés de dysfonctionnements et de résistances au changement.
«On ne peut, à la fois, vilipender la justice et se soustraire à la loi», résume-t-il en substance, dans des propos repris par L'OBS. Le juriste établit également un lien direct entre la rétention d’informations publiques et la montée de la désinformation. En refusant de rendre accessibles des données officielles sur un sujet sensible, l’État crée, selon lui, un vide informationnel propice aux rumeurs, avant de poursuivre des citoyens pour diffusion de fausses nouvelles. Un paradoxe qu’il juge juridiquement et moralement intenable.
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Face à ce qu’il considère comme une rupture consommée de l’exemplarité publique, Ibrahima Hamidou Dème annonce sa décision de déposer plainte contre le Premier ministre, Ousmane Sonko, et le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, pour refus d’accès à l’information, infraction prévue et punie par l’article 30 de la loi n°2025-15.