Publicité

Le PJF juge son premier dossier criminel : il s'agit d'un cartel albanais

Ce 1er avril 2026, la Chambre de jugement du Pool judiciaire financier (Pjf) tient a toute première audience en matière criminelle depuis son installation. A la barre : un réseau international de trafic de drogue aux ramifications entre le Sénégal, la Belgique, la Gambie et Dubaï.
Publicité

L'enceinte du Pool judiciaire financier se en prétoire criminel. Pour la première fois depuis l’installation de cette juridiction d'exception, le président Pape Mohamed Diop a ouvert les débats dans une affaire relevant de la criminalité organisée.Face à la défense, relate L'OBS, le procès a buté sur des questions de procédure. M. Diagne, D. Soumaré alias L. Lass, K.F.B.V.D. Weken, A.A. Ba et P.M. Dieng, tous poursuivis pour association de malfaiteurs et trafic international de drogue, ont vu leurs avocats soulever des exceptions de nullité avant même que les faits ne soient examinés.

Publicité

La défense dénonce un vice de procédures

Me François Senghor a ouvert les hostilités en dénonçant des violations des droits de la défense. Selon lui, les prévenus, qui avaient demandé à être assistés par un avocat, n'ont pas vu leur demande correctement prise en compte dans les procès-verbaux. Autre grief, plus technique mais tout aussi crucial : la durée des gardes à vue. Le règlement impose 48H renouvelables une seule fois. Or, dans ce dossier, les enquêteurs auraient procédé à une prolongation supplémentaire sans fondement légal. Me Ousseynou Ngom a renchéri en rappelant une jurisprudence constante de la Cour suprême : la nullité du procès-verbal d'enquête préliminaire, si elle est reconnue, profite à tous les prévenus. Me Alioune Badara Fall a ajouté un élément accablant : aucune demande de prolongation écrite et motivée ne figurerait dans le dossier.

Le parquet plaide la criminalité organisée

Publicité

Le procureur de la République financier adjoint, Abdoulaye Diouf, a défendu la régularité de la procédure. Pour lui, les droits de la défense ont été respectés. Quant à la garde à vue, le parquet soutient que l'acte de prolongation existe. Et il a avancé un argument de poids : la qualification de criminalité organisée justifie des mesures exceptionnelles. Face à ces contradictions, la Chambre a décidé de joindre les exceptions au fond. L'affaire a été renvoyée au 13 mai pour permettre la comparution du dénonciateur, le chauffeur de taxi à l'origine des révélations.

pool judiciaire financier
pool judiciaire financier

Les faits

L'histoire débute le 30 novembre 2023. Un chauffeur de taxi, sollicité pour transporter un colis présenté comme de la friperie, alerte l'Ocrtis. À l'intérieur du colis, il y a de la cocaïne dissimulée. Les enquêteurs remontent alors une filière tentaculaire. M. Diagne, rapidement interpellé, raconte avoir été contacté par des individus basés en Belgique. Son frère aurait détourné une cargaison de cocaïne appartenant à un cartel albanais réputé violent. La pression devient insoutenable : menaces de mort, appels depuis l'étranger et, surtout, une vidéo montrant un intermédiaire en train d'être torturé.

Publicité
pool judiciaire

Paniqué, Diagne dit avoir récupéré 10 kg de cocaïne dans la forêt de Mbao. Une livraison surveillée, organisée, avec la complicité du chauffeur, permet d'interpeller plusieurs membres du réseau en flagrant délit. K.F.B.V.D. Veken, un ressortissant belge basé à Dubaï, est arrêté. L'exploitation des téléphones révèle des échanges cryptés, des contacts en Europe, en Afrique du Nord et jusqu'en Amérique latine. Pour le Pjf, ce premier dossier criminel est un test grandeur nature. 

Publicité
Dernières vidéos
Publicité