En présidant la rentrée solennelle de la Conférence du stage de l’Ordre des avocats, Bassirou Diomaye Faye a dressé un constat alarmant de la justice sénégalaise, laquelle fait face à des difficultés structurelles majeures qui compromettent son efficacité et son accessibilité. Selon les chiffres avancés par le Président Faye, «environ un magistrat pour 100 000 habitants, 530 magistrats, 472 greffiers et seulement 439 avocats».
530 magistrats, 472 greffiers et seulement 439 avocats»
Un déséquilibre que Bassirou Diomaye Faye repris par L'OBS, juge «significatif», d’autant plus qu’il limite concrètement l’accès des citoyens à la justice. «Une profession libérale dont l’accès ne saurait être indûment restreint», insiste-t-il, pointant implicitement les barrières à l’entrée dans le Barreau. Ce manque de personnel entraîne, en filigrane, lenteurs judiciaires, surcharge des juridictions et fragilisation du droit à une défense équitable.
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Autre difficulté majeure : la formation. Si la pose de la première pierre de l’École des avocats constitue une avancée, elle révèle en creux un retard structurel dans l’organisation de la formation professionnelle. Le Président reconnaît ainsi la nécessité de «doter le pays d’un instrument à la mesure», preuve que les dispositifs actuels restent insuffisants pour répondre aux exigences d’une justice moderne.