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Maimouna Ndour Faye : "J'ai un esprit du fighting"

A l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme, Pulse Sénégal est allé à la rencontre de Maimaouna Ndour Faye, journaliste, patronne de presse, Présidente Directrice Générale (PDG) de la chaîne de télévision 7TV et du groupe 3M Universel. Femme leader, reconnue comme une figure du paysage médiatique et réputée pour son indépendance éditoriale, elle nous raconte son parcours, sa passion pour son métier et son engagement pour la cause féminine. Entretien !
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Quel est le parcours de Maimouna Ndour Faye ?

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C’est juste un parcours, une tranche de vie. Je suis allée à l'école. J'ai fait tout ce qu'il fallait faire au plan scolaire et pédagogique. J'ai eu le BAC. Je suis allée à l'université. Après, j'ai embrassé ce très beau métier qu’est le journalisme. Mais, mon objectif n'a jamais été de trop durer dans les rédactions. A un moment donné, j'ai senti le besoin de voler de mes propres ailes, d'impulser etd'insuffler (1:05) ma vision du journalisme et de la communication.

« La misogynie ou le machisme, ce ne sont pas des termes qui m’atteignent »

De journaliste, à patron de presse, à femme d’influence, en tant que femme, comment en êtes-vous arrivées au sommet ?

En parler c’est émettre un petit doute sur les capacités des femmes à changer le monde, à faire évoluer les choses. C'est un débat que je n'aime pas d'ailleurs. Je n'aime pas trop. Si c'est pour réfléchir, agir, impulser, changer les choses, changer des destinées, il n'y a aucune différence entre un homme et une femme. Maintenant, l'organisation de notre société étant ce qu'elle est, l'homme a sa place, la femme a sa place. Mais on se rend compte qu’à l'école, dans le domaine professionnel, il n'y a aucune distinction à faire entre homme et femme.

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Comment évoluez-vous dans un monde des médias, un milieu assez macho et souvent misogyne ?

Moi, je ne vois pas les choses en termes de misogynie, en termes de rejet ou de machisme. En fait, ce n'est pas comme ça que je sens les choses. Je suis dans l'espace professionnel, je veux évoluer, je veux avancer et je me donne les moyens de mon ambition. Le problème, c'est d'avoir une ambition pour laquelle on n'a pas les moyens, ou bien on n'est pas prêt à consentir le sacrifice qu'il faut. J'ai une ambition. Mon ambition, c'est de gagner ma place dans l'espace médiatique dans lequel j'évolue. Je me dote tous les jours des moyens pour  porter mon ambition et je consens le sacrifice nécessaire. Donc, ces histoires de misogynie, de masochisme, ce ne sont pas des termes qui m’atteignent. Je ne peux pas apporter un témoignage par rapport à ça, parce que, j'ai un état d’esprit de fighting. J'oublie très souvent, quand je suis dans l'espace professionnel, que je suis une femme. Je suis ce que je suis. Je porte les valeurs auxquelles je crois. Je crois au travail. Je sais que pour pas chaque pas à faire, il y a un sacrifice à faire. Et Dieu m'a donné la possibilité et la clairvoyance de consentir des sacrifices nécessaires. Et puis, je continue de mon chemin. Rien n'est acquis, tout est à construire et à reconstruire. On est dans cette perpétuelle quête de la qualité.

"Mon ambition, est d’imposer mon média, de lui une identité crédible et professionnelle et d'être au centre des opérations"

 Vos relations avec ce régime sont assez heurtées. Comment vivez-vous cette situation conflictuelle ?

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(…) Je suis dans l'espace médiatique. J'ai un positionnement éditorial. Je suis conscient que ça peut plaire, ça peut déplaire. Voilà. Je suis conscient que cela peut m’attirer des ennuis. Mais pour moi, c'est dans l'ordre normal des choses (elle insiste). Voilà. Il y a. Je ne me sens pas très, très spéciale. Je ne pense pas que le monde m'en veut. Je pose des actes et je dois en assumer les conséquences. Les gens que j'ai en face, eux aussi, ils posent des actes, ils doivent en assumer également les conséquences. Moi, j’assume les conséquences des actes que je pose et des décisions que je prends. En fait, tout est dans l'état de l'esprit et dans la façon d'appréhender les choses. Voilà, je ne me sens pas visée. Je ne remets jamais le manteau victimaire. J’assume ma ligne éditoriale. Tous les jours, quand je me réveille, mon ambition, est d’imposer mon média, de lui une identité crédible et professionnelle et d'être au centre des opérations.

Quels sont vos rapports avec Bassirou Diomaye ?

Rires Tu m’avais dit qu’il n’y avait pas de politique. Non, non, non, non, non…  (coow rek nga may indil (tu vas me créer des problèmes). Je préfère ne pas aborder ne pas aborder la question des rapports personnels. Parlons de la lutte des femmes, parlons des questions, des émancipations et des belles choses que font les femmes.

Comment mettre fin à la folklorisation de la célébration du 8 mars ?

C'est en train de changer un peu. Il y a des thèmes importants autour de l'évolution de la lutte pour les droits des femmes. Mais il faut célébrer, il faut se souvenir du sacrifice consenti par de nombreuses femmes un peu partout dans le monde. Il faut s'arrêter le 08 Mars pour rendre hommage à des femmes qui nous donnent  envie d'y croire, qui nous donnent envie d'y aller, à des femmes qui nous inspirent, qui nous donnent envie de les ressembler et peut-être même de les surpasser. Je pense que c'est utile de s’arrêter pour célébrer ces nombreuses voix féminines qui entonnent un peu partout dans le monde, le refrain du progrès, le refrain du développement, le refrain de l'impact communautaire. Il y a des centaines de millions de femmes, qui tous les jours, changent la vie de millions de personnes.

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En 2025, 18 femmes ont été tuées. Quels messages lancez-vous pour fin aux féminicides ?

C'est dramatique et très triste. Pour chaque femme, il est utile de porter le combat de de la violence contre les femmes, sous toutes ces formes. Il faut sensibiliser,  vulgariser les messages et rappeler qu’aucun être humain ne mérite qu'on exerce des actes de violence sur lui et encore moins sur une femme qui donne la vie et qui est le socle de la famille.

Quels conseils donneriez-vous aux filles qui veulent devenir femmes leaders… ?

(…) Je leur demande toujours de croire aux vertus du travail et de se donner les moyens de leurs ambitions. Qu’elles s’inspirent des belles histoires au Sénégal, en Afrique, un peu partout dans le monde. Le secret, c’est le travail, la persévérance et la détermination. Qu’elles se disent que rien n'est donné, rien n'est définitivement acquis, tout se conquiert. Et même après avoir tout conquis, qu’elles ne dorment pas sur leurs lauriers. On est dans une quête perpétuelle de la qualité et de la perfection. On se réinvente pour s'adapter aux évolutions.

Votre message en ce mois de la femme ?

Je souhaite une très belle fête de la femme, à toutes les femmes du Sénégal, à toutes les femmes de l’Afrique et du monde. Et surtout aux femmes qui sont en détention. Je souhaite qu'elles retrouvent leur dignité sociale. Je souhaite très particulièrement une très bonne fête aux femmes qui nous ont portées, qui ont béni nos premiers pas sur la voie de l'accomplissement.

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