Un vaste réseau organisé de fabrication de faux documents d'état-civil a été démantelé à la mairie de Marsassoum. Les investigations ont révélé qu'une ressortissante bissau-guinéenne avait tenté d'obtenir une pièce d'identité sénégalaise en produisant un extrait de naissance frauduleux prétendument établi à la mairie de Marsassoum, alors que sa véritable identité figurait sur une pièce étrangère authentique.
L'ASP intermédiaire et le comptable du lycée de Marsassoum
Entendue par les policiers, elle a reconnu le caractère frauduleux des documents sénégalais et déclaré les avoir obtenu moyennant paiement par l'intermédiaire de son cousin résident à Ziguinchor, lequel l'a mise en relation avec Paul Gomis, agent de sécurité de proximité (ASP) au service des Eaux et Forêts de Ziguinchor.
Elle a précisé que son cousin avait lui-même déjà obtenu une pièce d'identité sénégalaise par le même procédé frauduleux moyennant un paiement de 15000 FCFA. Pour sa part, elle a envoyé une somme de 30000 FCFA à Paul Gomis pour obtenir un extrait de naissance sénégalais.
Son cousin F. Mendes a été interpellé en possession d'une pièce d'identité sénégalaise ainsi qu'un extrait de naissance frauduleux. Il a confirmé ses liens avec la fraude et son rôle d'intermédiaire dans le réseau. L'ASP P. Gomis a reconnu les faits et déclaré agir en connivence avec Malang Sané, comptable au lycée de Marsassoum.
Il a expliqué exiger 30000 FCFA par acte, somme qu'il répartissait en versant 15000 FCFA au professeur pour la confection frauduleuse des extraits de naissance en conservant 10000 FCFA, à titre de commission personnelle et en reversant 5000 FCFA à F. Mendes, en qualité d'intermédiaire.
Entendu, le comptable Malang Sané a déclaré avoir agi en collaboration avec la responsable du centre d'Etat-civil, Mame Sylla alias "Dioma Sylla". Il a explique que celle-ci percevait la somme de 7500 FCFA par acte, tandis que le reste du montant était conservé par lui-même à titre de commission personnelle.
La responsable du centre d'Etat-civil percevait 7500 FCFA pour la vente de la nationalité sénégalaise
Audiitionné, la responsable du centre d'Etat-civil n'a pas nié les faits. Elle a expliqué qu'elle procédait à l'insertion frauduleuse des identités dans les régistres d'état-civil anciens, en exploitant des pages vierges, avant l'établissement des extraits de naissance irréguliers, contre rénumération.
A l'issue des investigations, les quatre mis en cause ont été placés sous mandat de dépôt. Les régistres incriminés ont été saisis et placés sous scellés provisoire.