Médias et cohésion nationale : Makhtar Cissé appelle à bannir les discours stigmatisants
Prévenir les discours qui divisent
La responsabilité des médias dans la préservation de la cohésion nationale était au cœur de la première édition des Grandes conférences du SYNPICS, consacrée au thème « Médias et cohésion nationale ». Parrain de la rencontre, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a mis en garde contre les discours qui désignent une communauté ou une nationalité comme responsable de difficultés aux causes multiples. « Nous devons être attentifs à toute tendance consistant à désigner une communauté, une nationalité ou une catégorie sociale comme responsable à elle seule de difficultés qui ont des causes multiples », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par L’Observateur et repris par PressAfrik. Le ministre a particulièrement insisté sur les risques liés à la stigmatisation des étrangers et à l’ethnicisation du débat public. Il a appelé les professionnels de l’information à mesurer la portée de leurs contenus afin d’éviter que le traitement médiatique de certaines questions ne contribue à alimenter les divisions au sein de la société.
Un journalisme au service du dialogue et du vivre-ensemble
Au-delà de la mise en garde, Mouhamadou Makhtar Cissé a plaidé pour un journalisme qui favorise le rapprochement entre les citoyens, sans nier leurs différences. Il a notamment évoqué les traditions de médiation, de coexistence et de dialogue qui caractérisent la société sénégalaise. Dans cette perspective, le ministre a invité les médias à donner la parole aux différentes composantes de la société. L’objectif est de garantir une représentation plus équilibrée des sensibilités et de contribuer à un débat public fondé sur le respect mutuel.
Vérification de l’information et éducation aux médias
Mouhamadou Makhtar Cissé a également insisté sur la nécessité de diffuser une information vérifiée, y compris dans les langues nationales. Il a encouragé les organes de presse à renforcer leur présence sur les réseaux sociaux en y proposant des contenus fiables. L’éducation aux médias, notamment auprès des jeunes, figure également parmi les pistes évoquées. Dans un environnement marqué par la circulation rapide des informations, cette démarche vise à renforcer l’esprit critique du public et à limiter la propagation de contenus susceptibles d’attiser les tensions sociales.
Régulation des médias et liberté de la presse
Le ministre a enfin abordé la question de la régulation des médias, en soulignant la nécessité de préserver la liberté de l’information, le pluralisme et les droits du public. Il a précisé que cette régulation ne devait servir ni à placer les organes de presse « sous tutelle » ni à sanctionner les lignes éditoriales critiques envers les pouvoirs publics. À travers cette intervention, Mouhamadou Makhtar Cissé a ainsi mis en avant un double impératif : préserver la responsabilité des médias face aux discours stigmatisants tout en garantissant leur indépendance. Un équilibre qu’il présente comme essentiel à la vitalité du débat public et à la préservation de la cohésion nationale.