Parodontite : une maladie des gencives aux conséquences bien au-delà de la bouche
La parodontite est une infection chronique des tissus qui soutiennent les dents. Elle débute par l’accumulation de bactéries entre la dent et la gencive, formant un biofilm qui provoque une inflammation persistante. Progressivement, cette réaction détruit non seulement la gencive, mais aussi les structures de soutien comme le ligament et l’os, pouvant conduire à un déchaussement, voire à la perte des dents. Cette pathologie évolue souvent sans douleur ni signes visibles, ce qui la rend difficile à détecter à un stade précoce. Selon les estimations, près d’un adulte sur deux âgé de plus de 50 ans serait concerné, dont environ 16 % par des formes sévères.
Les premiers signes, lorsqu’ils apparaissent, incluent des saignements au brossage, des gencives gonflées, une sensibilité accrue ou un déplacement des dents. Au-delà de ses conséquences locales, la parodontite suscite depuis plusieurs années l’attention de la communauté scientifique pour ses effets systémiques. Des recherches ont mis en évidence un lien entre cette infection chronique et un risque accru de maladies cardiovasculaires. L’inflammation persistante qu’elle engendre pourrait fragiliser les plaques d’athérome dans les vaisseaux sanguins, augmentant ainsi le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’infarctus. Certaines bactéries buccales peuvent également passer dans la circulation sanguine et contribuer à ces complications. La parodontite entretient par ailleurs une relation étroite avec le diabète. L’infection des gencives peut perturber l’équilibre glycémique, tandis qu’un diabète mal contrôlé favorise l’aggravation de l’inflammation gingivale.
Des observations cliniques montrent qu’un traitement efficace de la parodontite peut contribuer à améliorer la gestion du diabète. Dans ce contexte, plusieurs études récentes, notamment en 2025, ont confirmé l’association entre parodontite, hypertension, diabète et accidents vasculaires cérébraux. Des travaux sont actuellement menés dans certains établissements hospitaliers pour évaluer l’impact du traitement parodontal sur la prévention des récidives d’AVC. Face à ces enjeux, la prévention apparaît essentielle. Elle repose sur une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, incluant le brossage régulier et l’utilisation de brossettes interdentaires, indispensables pour nettoyer les zones inaccessibles à la brosse à dents.
En l’absence de ces dispositifs, près de 40 % des surfaces dentaires resteraient insuffisamment nettoyées. Des consultations régulières chez le dentiste permettent également de détecter précocement la maladie et d’éviter ses complications. Souvent ignorée jusqu’à un stade avancé, la parodontite rappelle ainsi l’importance d’une vigilance accrue en matière de santé bucco-dentaire, dont les répercussions peuvent dépasser largement la sphère orale.