Sonko viré et Président de l'AN : le Sénégal passe de stable à négative avec mise sous surveillance
La dégradation du climat politique et institutionnel au Sénégal continue à produire ses effets néfastes sur la perception des marchés financiers. L’agence de notation financière Bloomfield Investment Corporation a décidé de dégrader la perspective de la notation souveraine du Sénégal de «stable» à «négative», tout en maintenant provisoirement la note BBB+ sous surveillance. Une décision fortement motivée par les tensions politiques et institutionnelles apparues après la révocation du Premier ministre et son élection, hier mardi, à la présidence de l’Assemblée nationale. Dans son communiqué publié, hier, à Abidjan, Bloomfield justifie cette révision par «la détérioration récente de l’environnement politique et institutionnel» du pays.
L’agence estime que la crise ouverte entre les pôles exécutif et législatif pourrait fragiliser durablement le fonctionnement des institutions sénégalaises. Pour Bloomfield, l’arrivée de l’ancien Premier ministre au perchoir de l’Assemblée nationale risque d’accentuer les blocages institutionnels et d’alimenter un climat d’incertitude politique. L’agence redoute notamment «une paralysie dans le fonctionnement des institutions», susceptible d’affecter «la continuité des politiques publiques» ainsi que «la capacité de coordination économique et budgétaire de l’Etat». Au-delà du facteur politique, l’agence met également en avant les fragilités économiques et financières du Sénégal.
Elle évoque un contexte marqué par des « contraintes de liquidité», une pression accrue sur les finances publiques et des besoins importants de refinancement, aussi bien sur le marché domestique qu’international. Selon Bloomfield, cette combinaison entre instabilité politique et vulnérabilités budgétaires augmente significativement les risques liés à la dette souveraine. L’agence avertit ainsi que «les risques pesant sur la capacité de l’Etat à honorer, dans les délais, l’ensemble de ses engagements financiers se sont significativement renforcés».
Elle n’écarte pas non plus la possibilité de tensions sur le remboursement de certaines obligations locales et internationales à court ou moyen terme, une perspective qui pourrait inquiéter davantage les investisseurs et les partenaires financiers du Sénégal. La mise sous surveillance décidée par Bloomfield traduit la volonté de suivre de près plusieurs indicateurs : l’évolution de la crise politique, la stabilité du cadre de gouvernance, la préservation des équilibres macroéconomiques et les conditions d’accès du pays aux financements.
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L’agence prévient enfin qu’une aggravation de l’instabilité institutionnelle ou une détérioration supplémentaire des indicateurs budgétaires pourrait entraîner une nouvelle dégradation de la note souveraine. A l’inverse, un retour à un climat politique apaisé et des mesures crédibles de redressement budgétaire pourraient permettre une stabilisation de la perspective.