Trois lycéennes diffusent la vidéo intime de leur cousine sur WhatsApp
La trahison familiale a pris les contours d'un cauchemar numérique dans le paisible village sérère de Gatte, niché dans le département de Bambey. Le Tribunal des flagrants délits de Diourbel a condamné ce lundi trois jeunes filles, S. Diouf, A. Sarr Diouf et D. Diouf, toutes élèves et issues de la même famille, à une peine de deux ans de prison, dont cinq jours ferme. Elles ont été reconnues coupables de distribution d'images contraires aux bonnes mœurs pour avoir orchestré la viralité d'une vidéo intime de leur propre cousine germaine, A. Diouf, âgée de seulement 16 ans.
L’affaire a éclaté en plein après-midi au sein du village, lorsque la jeune victime, élève en classe de Quatrième, a été alertée par une amie. D'après le récit de L'OBS, cette dernière lui apprend avec stupeur qu'une vidéo d'elle, entièrement nue, circulait de téléphone en téléphone à travers toute la contrée. Choquée, A. Diouf mène son enquête et découvre que les images ont été capturées à son insu, alors qu'elle dormait paisiblement. Ses soupçons se portent immédiatement sur ses cousines, avec qui elle partageait son quotidien depuis la tendre enfance.
Mis au courant, son père, El H. Diouf, lui ordonne de porter l'affaire devant la gendarmerie de Bambey pour laver l'honneur de la famille. Le coup de filet des pandores n'a pris que quelques heures. Interpellées, les trois lycéennes ont d'abord tenté de se rejeter mutuellement la faute durant leur garde à vue, avant d'être placées sous mandat de dépôt à la prison de Diourbel.
À la barre, le trio est passé aux aveux concernant le partage en série sur l'application WhatsApp, même si aucune n'a voulu endosser la responsabilité d'avoir filmé la scène de nudité. S. Diouf, en classe de Cinquième, a soutenu avoir reçu le fichier de son frère F. Diouf, avant de le transférer à une camarade. Elle a été immédiatement contredite par sa coprévenue D. Diouf, élève en classe de Terminale, qui a affirmé avoir reçu la vidéo directement de S. Diouf avant de la relayer à son propre réseau d'amies. Quant à A. Sarr Diouf, elle a avoué l'avoir partagée avec une camarade de classe après l'avoir reçue d'une tierce personne.
Face à ce déballage de clics malveillants, le Procureur Papa Khalil Fall a tancé les prévenues avant de requérir la stricte application de la loi. Pour tenter de sauver l'avenir de ces jeunes filles, Maître Cheikh Ngom, avocat de la défense, a sollicité la clémence du tribunal en rappelant leur statut de délinquantes primaires. La robe noire a plaidé qu'une lourde incarcération briserait définitivement leur cursus scolaire et hypothéquerait leurs chances de carrière professionnelle.
La cour a finalement choisi la voie de la fermeté assortie d'un avertissement. En les condamnant à cinq jours de prison ferme, le Juge maintient les trois lycéennes derrière les barreaux pour acter la gravité de leur acte de cyber-harcèlement. La victime, animée par un élan de dignité et de remords familiaux, n'a réclamé aucun franc de compensation financière. Le tribunal lui a donné acte de cette décision, renvoyant les trois cousines dans leurs cellules pour méditer sur les ravages de la trahison numérique.