Publicité

Affaire des présumés homosexuels : les malades du Sida perdus de vue

Dépuis l'éclatement de l'affaire Pape Cheikh Diallo et Cie, les personnes vivant avec le VIH/Sida ont interrompu leur traitement antirétroviral (ARV) et leur suivi médical.
Publicité

Depuis l'éclatement de l'affaire des présumés homosexuels avec l'arrestation de plus d'une cinquantaine de personnes et la promulgation d’une loi doublant les peines visant les relations homosexuelles, la lutte contre le VIH au Sénégal vacille. Dans un contexte de répression accrue et de stigmatisation, les acteurs de santé craignent un recul des acquis de la lutte contre le VIH patiemment construits depuis les années 1990.

Publicité
Le Ministre de la Santé lance une enquête sur le VIH/SIDA en Côte d'Ivoire
Le Ministre de la Santé lance une enquête sur le VIH/SIDA en Côte d'Ivoire

En effet, le programme de suivi des personnes vivant avec le VIH connaît de graves perturbations. Souvent victimes de stigmatisation, les personnes séropositives craignent maintenant d’être assimilées à la communauté LGBT+ et d’être ainsi arrêtées, violentées, dénoncées et menacées. Déjà, dans les structures de santé, la chute des consultations se fait sentir. La « traque contre les homos est en train de déteindre sur certains des programmes » de santé publique, révèle Les Échos.

« Les patients du VIH ne viennent plus »

Le constat des professionnels de santé rapporté par la même source est alarmant. Déjà, dans les structures de santé, la chute des consultations se fait sentir. « Une ou deux semaines après la révélation des affaires, nous avons consulté une baisse de 30 % des consultations. Des personnes ne viennent plus aux RDV, d’autres sont venues mais cagoulées ou voilées pour éviter d’être reconnues. Certains ont même menacé le personnel pour être retirés des registres de consultation. Il y a une peur panique des malades d’être associés à l’homosexualité » alertait Dr Safiatou Thiam, secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS).

Publicité
Assemblée nationale Sénégal
Assemblée nationale Sénégal

« Ces patients ne viennent plus aux rendez-vous. Ils ne viennent plus se faire consulter ou récupérer les ARV. On ne sait plus où ils sont », déplore également une source médicale reprise par Les Echos. Les médecins alertent : "ces perdues de vue pourraient relancer l'épidémie. Il est impératif, d'assurer un encadrement régulier pour « empêcher la propagation de la maladie qui était jusque-là contrôlée". Si ça persiste, ce serait un coup de massue porté à la lutte contre le VIH.

Publicité
Dernières vidéos
Publicité