Al Aminou Lo, l’itinéraire d’un technocrate au sommet de l’État
Le parcours de Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo s’inscrit dans une trajectoire de rigueur et de constance, celle d’un homme formé dans l’exigence et façonné par les arcanes de la finance publique. À 60 ans, cet économiste devient Premier ministre, consacrant ainsi une ascension progressive au sein des plus hautes sphères de décision. Tout commence au Prytanée militaire de Saint-Louis, creuset de l’élite sénégalaise, où il se distingue dès 1985 en sortant major de promotion avec un baccalauréat scientifique mention Bien.
Une première étape qui donne le ton d’un itinéraire marqué par l’excellence académique. Il poursuit ses études à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avant de se spécialiser dans le domaine bancaire au Centre ouest-africain de formation et d’études bancaires. Bien plus tard, en 2023, il renforce son profil avec un Executive Master en Islamic Finance à l’INCEIF University de Kuala Lumpur, preuve d’une volonté constante d’actualisation de ses compétences. C’est cependant à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) que se construit l’essentiel de sa carrière. Entré en 1987, il y gravira méthodiquement les échelons, passant des fonctions techniques aux responsabilités stratégiques. Trésorerie, opérations de marché, activités bancaires, systèmes d’information : autant de domaines qu’il maîtrise progressivement avant de diriger la représentation nationale pour le Sénégal.
En 2024, il accède au poste de secrétaire général de l’institution, l’un des plus élevés de la hiérarchie. Au cœur de la BCEAO, il participe aux dossiers les plus sensibles de la sous-région. Il accompagne notamment les émissions souveraines du Sénégal sur les marchés internationaux, gère les relations avec les agences de notation et prend part aux négociations avec les institutions de Bretton Woods. Son expertise s’étend également à la structuration des financements liés aux secteurs stratégiques, notamment pétrolier et gazier. Dans un contexte de mutation économique, il contribue aussi aux réflexions sur l’intégration monétaire régionale et à la promotion de la finance islamique au sein de l’espace UMOA. Son entrée au gouvernement en avril 2024 marque un tournant. Nommé ministre Secrétaire général de la Présidence, il devient un rouage central de la coordination administrative. Un an plus tard, il est propulsé ministre d’État chargé du suivi de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».
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À ce poste, il supervise la mise en œuvre et l’évaluation d’un programme structurant pour l’avenir du pays. Sa nomination à la Primature apparaît ainsi comme l’aboutissement logique d’un parcours construit dans la discrétion mais au cœur des décisions stratégiques. Elle consacre un profil de haut fonctionnaire rompu aux mécanismes financiers régionaux et internationaux, désormais chargé de piloter l’action gouvernementale dans un contexte de profondes transformations économiques. Derrière cette trajectoire, se dessine le visage d’un technocrate devenu homme d’État, appelé à traduire en politiques publiques les ambitions d’un Sénégal en quête de souveraineté et de performance économique.