La plainte d’Abdoulaye Sylla, patron de la société Ecotra, contre Fadilou Keita, Directeur général de la Caisse des dépôts et consignations pour diffusion de fausses nouvelles, pourrait connaître, dans les prochains jours, un rebondissement. Tout est parti d’un litige estimé à plus de six (6) milliards de francs Cfa au préjudice de la CDC. Face aux enquêteurs de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, Fadilou Keïta a assumé, sans détour, les propos à l’origine de la plainte, tenus lors de son passage sur le plateau de la WebTV Sans Limites.
Des hypothèques forcées inscrites sur des biens appartenant à la CDC
Evoquant des éléments qu’il juge accablants, il a levé le voile sur des pratiques qu’il décrit comme profondément troublantes autour de certains biens de l’institution. Dans le détail, rapporte L'OBS, Fadilou Keïta a révélé aux enquêteurs l’existence d’hypothèques forcées inscrites sur des biens appartenant à la Cdc, par des personnes ne disposant d’aucun lien contractuel avec la structure. Des inscriptions qu’il présente comme irrégulières. Pour étayer ses accusations, il avance des éléments matériels. Pièces à l’appui, il affirme avoir relevé des anomalies sur un terrain relevant du titre foncier n°7271/Nga, d’une superficie de 10 982 mètres carrés. Plus troublant encore, selon ses explications, une hypothèque forcée d’un montant de 2 208 000 000 F Cfa aurait été inscrite au profit de la société Ecotra, en dépit de l’absence de toute relation contractuelle avec la Cdc.
L’entreprise Cstp de Mbaye Faye aussi visée
Fadilou Keïta ne s’est pas arrêté là. Il a contesté la pertinence du procès-verbal de conciliation versé au dossier, soulignant que celui-ci porte sur le titre foncier TF n°7361/Nga, distinct du titre foncier TF n°7271/Nga appartenant à la Cdc. Selon lui, ce dernier titre serait d’ailleurs postérieur à l’acte ayant servi de fondement à l’inscription de l’hypothèque litigieuse. Des éléments factuels susceptibles de bouleverser le cours de l’enquête, en ce qu’ils fragilisent l’architecture juridique sur laquelle repose une partie essentielle des accusations et ouvrent la voie à une relecture approfondie des mécanismes ayant présidé à la constitution de cette sûreté contestée. Surtout que, lors de cette même audition, Fadilou Keïta a également précisé avoir saisi les plus hautes autorités de l’État des faits constatés, notamment en ce qui concerne la situation de certains biens relevant du patrimoine de la Cdc.
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Dans cette dynamique, il affirme avoir déposé, le 14 janvier 2026, une plainte pour escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que pour constitution illégale d’hypothèque sur un bien appartenant à la Cdc, visant également l’entreprise Cstp de Mbaye Faye. Même si le directeur de la Cdc n’a pas dévoilé, selon des sources, le montant de cette autre hypothèque forcée, les sommes en jeu dépasseraient largement les deux milliards de francs Cfa évoqués dans le dossier Ecotra. Une affaire aux ramifications encore partiellement opaques, mais dont les développements attendus dans les prochains jours pourraient installer une tension judiciaire durable et tenir en haleine tout le pays, au rythme d’un feuilleton où chaque pièce nouvelle du dossier pourrait rebattre radicalement les cartes.