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Démangeaisons, odeurs, pertes anormales : quand faut-il s’inquiéter ?

Les pertes vaginales, communément appelées « pertes blanches », font partie du fonctionnement normal de l’organisme féminin. Leur aspect et leur quantité peuvent varier au cours du cycle menstruel, notamment autour de l’ovulation. Mais lorsqu’elles changent de couleur, d’odeur ou de texture, ou qu’elles s’accompagnent de démangeaisons, de brûlures ou de douleurs, elles peuvent révéler une infection vaginale ou, dans certains cas, une infection sexuellement transmissible (IST).
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Des pertes vaginales qui peuvent être normales

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Les pertes vaginales sont produites naturellement par le vagin et le col de l’utérus. Elles participent notamment au maintien de l’humidité et à la protection de l’environnement vaginal. Selon le NHS, des pertes normales sont généralement transparentes ou blanchâtres, sans odeur forte ou désagréable. Leur quantité et leur consistance peuvent également évoluer au cours du cycle menstruel. Elles peuvent notamment devenir plus abondantes, plus fluides et plus glissantes au moment de l’ovulation. Ainsi, la présence de pertes blanches ne signifie pas automatiquement qu’une femme souffre d’une infection. C’est surtout un changement inhabituel par rapport aux pertes habituelles qui doit attirer l’attention.

Quand les pertes peuvent-elles signaler une infection ?

Une modification de la couleur, de l’odeur ou de la texture des pertes peut être liée à différentes infections vaginales. Parmi les causes fréquentes figurent la vaginose bactérienne, la candidose vulvo-vaginale et la trichomonase. La vaginose bactérienne est liée à un déséquilibre de la flore vaginale, avec une prolifération excessive de certaines bactéries. Elle constitue une cause fréquente de pertes vaginales anormales. Les symptômes peuvent notamment comprendre des pertes inhabituelles, une odeur forte, souvent décrite comme « poissonneuse », ainsi que des irritations ou des brûlures urinaires. Autre cause fréquente : la candidose vulvo-vaginale, une infection due à une prolifération excessive de levures du genre Candida. Elle peut provoquer d’importantes démangeaisons, des rougeurs ou une irritation de la vulve, des douleurs pendant les rapports ou lors des mictions, ainsi que des pertes blanches épaisses, parfois comparées à du lait caillé. La trichomonase, quant à elle, est une infection sexuellement transmissible provoquée par le parasite Trichomonas vaginalis. Chez la femme, elle peut provoquer des pertes vaginales anormales, parfois jaunâtres ou verdâtres, ainsi que des démangeaisons, des douleurs lors des rapports sexuels ou des brûlures au moment d’uriner. L’infection peut toutefois ne provoquer aucun symptôme chez certaines personnes.

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Des conséquences qui ne doivent pas être négligées

Toutes les infections vaginales n’ont pas les mêmes conséquences et toutes ne sont pas sexuellement transmissibles. Toutefois, certaines infections non prises en charge peuvent entraîner des complications. Selon l’OMS, une vaginose bactérienne non traitée peut notamment être associée à un risque accru de contracter certaines IST, dont le VIH, ainsi qu’à des complications pendant la grossesse. Elle peut également être associée à une maladie inflammatoire pelvienne. La trichomonase est également associée à un risque accru d’acquisition du VIH et à certains problèmes liés à la grossesse. Par ailleurs, certaines IST, notamment la chlamydiose et la gonorrhée, peuvent provoquer des infections génitales et pelviennes et, en l’absence de prise en charge, contribuer à des problèmes de fertilité chez la femme. 

Attention à l’automédication

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Face à des pertes inhabituelles, l’automédication peut retarder le diagnostic d’une infection et conduire à utiliser un traitement inadapté. Une même modification des pertes peut avoir plusieurs causes, qui ne nécessitent pas forcément le même traitement. L’OMS recommande une prise en charge adaptée à la cause identifiée et dispose de recommandations spécifiques concernant notamment la vaginose bactérienne, la candidose et la trichomonase. Une consultation auprès d’un professionnel de santé est particulièrement importante lorsque les pertes s’accompagnent de démangeaisons importantes, de douleurs pelviennes, de brûlures urinaires, de saignements inhabituels, d’une forte odeur ou d’un changement marqué de couleur et de texture. 

Prévenir les infections vaginales : les gestes essentiels

La prévention passe d’abord par une hygiène intime simple. Le vagin n’a pas besoin de lavages internes pour être propre. Les douches vaginales peuvent au contraire perturber l’équilibre naturel de la flore et augmenter le risque de vaginose bactérienne. Il est également recommandé d’éviter les savons, gels, lingettes et autres produits parfumés ou irritants appliqués sur la zone intime. Une toilette douce de la partie externe, avec de l’eau et, si nécessaire, un produit non parfumé et doux, suffit généralement. Pour réduire le risque de candidose, les recommandations sanitaires conseillent notamment de privilégier des sous-vêtements respirants, notamment en coton, d’éviter les vêtements trop serrés et de maintenir la zone génitale propre et sèche. Il est également préférable de se changer rapidement après avoir porté un maillot de bain mouillé ou des vêtements particulièrement humides après une activité physique. La prévention des IST repose également sur des rapports sexuels protégés. L’utilisation correcte et régulière du préservatif contribue notamment à réduire le risque de transmission de la trichomonase et de nombreuses autres IST. Enfin, les antibiotiques ne doivent être utilisés que lorsqu’ils sont prescrits et nécessaires. Leur utilisation peut perturber l’équilibre naturel des bactéries et favoriser, chez certaines femmes, la prolifération de Candida.

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Quand consulter ?

Une femme devrait consulter un professionnel de santé lorsque ses pertes deviennent inhabituelles, notamment en cas de changement soudain de couleur, d’odeur ou de texture. La présence de démangeaisons, de douleurs, de brûlures urinaires, de douleurs pelviennes ou de saignements entre les règles ou après les rapports constitue également un motif de consultation. Le message essentiel reste donc simple : les pertes blanches sont souvent normales, mais une modification inhabituelle ne doit pas être banalisée. Une consultation permet d’identifier la cause exacte et de recevoir le traitement approprié, tout en évitant les traitements pris au hasard.

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