Docker retrouvé mort dans une soute au Port : sa famille réclame une enquête
Le corps du docker Frédéric Diatta en état de décomposition avancé, a été retrouvé au fond d’une soute d’acier d'un navire turc arraisonné au Port de Dakar par la police. Hier, après-midi, sa famille et ses proches se sont rassemblés, la gorge nouée, pour offrir une sépulture digne à ce docker d'une trentaine d'années. Mais avant de le porter en terre, ses proches ont élevé la voix pour réclamer que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort., renseigne L'OBS.
«Nous avons vu sa dépouille mortelle qui nous a été remise. Nous ne réclamerons que justice, rien que la justice», martèle son oncle, Xavier Diatta, étreint par l'émotion. Pour la famille, les questions se font de plus en plus pressantes et explosives : comment un homme peut-il manquer à l'appel pendant huit jours sans que son syndicat ne s'en inquiète ? Comment l'équipage du navire a-t-il pu inspecter et refermer les cales sans remarquer la présence du corps ?
Le vraquier turc arraisonné pour enquête, la famille saisit le Procureur
La famille, qui refuse de céder à la fatalité, s'apprête à déposer une plainte formelle auprès du Procureur de la République pour exiger que les images de vidéosurveillance et les relevés d'accès soient passés au peigne fin. «Chacun de ces hommes doit pouvoir rentrer chez lui le soir. Et si l'un d'eux ne revient pas, quelqu'un doit le remarquer, et le chercher», rappelle l'oncle avec force. Face à la gravité de l'affaire, la police a pris des mesures radicales en arraisonnant le vraquier turc aux larges de Dakar, ouvrant une enquête pour déterminer s'il s'agit d'un tragique accident de travail ou d'un acte criminel de l'ombre.
Le docker retrouvé mort 8 jours après sa disparition
Retrouvé sans vie dans la cale d’un navire turc après huit jours d'une disparition inexpliquée, «Fred» est devenu le visage d'un terrible mystère portuaire. Tout commence le mardi 29 septembre 2026. Ce matin-là, Frédéric, membre du Syndicat des auxiliaires du transport du Sénégal (Sats), passe les contrôles d'accès du port. Suivant la procédure, il remet sa carte d'identité aux agents de sûreté en échange d'un badge. De 7 heures à 13 heures, il s'active au sein de son équipe au déchargement d'une cargaison de riz à bord du vraquier Sanita's, battant pavillon turc. Mais à la reprise de 16 heures, Fredo ne se présente pas.
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Pendant huit longs jours, sa carte d'identité va rester à la sûreté. Son badge d'accès, lui, ne sera jamais restitué. Contre toute attente, ce signal d'alarme ne déclenche aucune alerte au sein du système de contrôle du port. Personne ne s'inquiète de voir ce travailleur entrer sans jamais ressortir. Le mystère prend fin par un coup du sort tragique. C'est l'un de ses collègues dockers qui repère le téléphone portable de Frédéric abandonné dans la cale du navire turc. Pris d'un terrible pressentiment, les ouvriers engagent une fouille minutieuse au fond de la soute d'acier. Leurs craintes les plus sombres se confirment : le corps de Frédéric Sylvain Diatta gît au fond de la cale, dans un état de décomposition avancée.