Drame des Parcelles : le dernier repas de Awa Ngom emportée par les eaux avec son fils
Le drame de l’Unité 7 des Parcelles Assainies continue de plonger les habitants dans la consternation. Dimanche, sous les fortes pluies qui se sont abattues sur Dakar, Awa Ngom et son fils de 4 ans ont été emportés par les eaux. À l’heure des condoléances, les proches dressent le portrait d’une femme généreuse, discrète et profondément attachée à sa famille. Un témoignage qui se mêle à celui de Ndèye Thioro Badji, proche de la défunte, qui raconte les dernières heures de la jeune mère. «Elle ne faisait que le bien.»
Réunis autour de la famille éplorée, les proches de Awa Ngom tentent de trouver les mots pour évoquer celle qu’ils viennent de perdre. Le doyen et oncle de son époux prend la parole au nom de la famille. Selon lui, Awa Ngom était une épouse exemplaire et une femme profondément attachée aux siens. «Durant tout le temps qu'elle a passé au foyer auprès de notre neveu, nous n'avons jamais entendu de sa part la moindre parole déplacée, ni constaté le moindre comportement répréhensible», témoigne-t-il, dans des propos repris par L'OBS.
Il insiste surtout sur son caractère rassembleur. «Elle s'employait toujours à unir et consolider la famille. Elle ne faisait que le bien et ne disait que du bien», poursuit-il. Sa générosité reste également gravée dans les mémoires. «Lorsqu'elle préparait les repas, c'était un pur bonheur. C'était une personne d'une immense générosité et entièrement dévouée aux autres», ajoute le doyen.
Ses derniers échanges avec son amie...
Ndèye Thioro Badji connaissait la défunte depuis 2019. À l’époque, elle tenait un restaurant au bord de la route où le mari de la défunte venait régulièrement acheter ses repas. Après son mariage, Awa Ngom lui avait été présentée. La relation entre les deux femmes s’était progressivement transformée en véritable lien familial. «Quand je n'avais pas d'employée, elle venait m'aider à faire la vaisselle et à faire tout ce qu'il y avait à faire. On s'est rapproché au point de devenir presque des parentes», raconte Thioro Badji.
Dimanche, quelques heures avant le drame, les deux femmes se sont encore parlées. Thioro venait de lui servir son déjeuner. Awa, inquiète de voir la pluie approcher, voulait rentrer rapidement avec son fils. «Je lui ai dit : «Tu ne t'assieds pas ?», elle m'a répondu : «Non, la pluie menace de tomber, attends que je me dépêche d'y aller. Regarde Mbaye (son enfant).» Puis elle s’en est allée. Ce seront leurs derniers échanges.
«Awa! Awa! Où est Mbaye?»
Peu après, Thioro Badji quitte elle aussi les lieux pour se rendre à Keur Massar. Après deux tentatives infructueuses pour trouver un taxi, elle décide de revenir. Une voisine lui apprend alors que le secteur est sous les eaux. En arrivant sur place, elle entend des appels : «Où est Awa? Awa! Awa!» Elle comprend immédiatement la gravité de la situation. «J'ai demandé : «Oui, ma chère Awa ! Et où est Mbaye ?» On m'a demandé qui était Mbaye. J'ai répondu : «Son enfant, il est sous l'eau !»
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Les jeunes du quartier se mobilisent aussitôt et se lancent à la recherche des victimes malgré la hauteur des eaux. La femme est retrouvée puis son fils, quelques instants plus tard. Les secours interviennent ensuite pour l'évacuation des dépouilles. Lorsque Saliou, le mari d’Awa, arrive sur les lieux, Thioro Badji tente de l'accompagner dans ces moments particulièrement éprouvants. «Il m'a dit : «Je sais que ma femme et mon enfant sont morts», rapporte-t-elle. Elle restera à ses côtés jusqu'à l'évacuation des corps et leur passage à Dalal Jamm, avant d'accueillir ensuite la famille à son domicile pour la nuit.