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Hormones, cerveau, douleur : pourquoi les migraines frappent davantage les femmes

La migraine n’est pas un simple mal de tête passager. Reconnue par l’Organisation mondiale de la santé comme une affection neurologique invalidante, elle touche des millions de personnes à travers le monde. Les femmes en sont les principales victimes. En cause : une combinaison complexe de facteurs hormonaux, biologiques et historiques qui continue d’interroger la recherche médicale.
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Une maladie fréquente, lourde de conséquences

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La migraine ne se résume pas à un simple mal de tête. Elle se manifeste par des crises récurrentes de douleurs intenses, souvent accompagnées de nausées, de vomissements, ainsi que d’une hypersensibilité à la lumière et au bruit. Elle survient le plus souvent à l’âge adulte, avec un pic de fréquence entre 35 et 45 ans. Selon l’OMS, les femmes sont environ trois fois plus exposées aux migraines que les hommes après la puberté. Les études récentes confirment également que leurs crises sont généralement plus longues, plus fréquentes et plus invalidantes, entraînant un impact disproportionné sur leur qualité de vie, leur vie professionnelle et sociale.

Le rôle déterminant des hormones

Les hormones sexuelles féminines, en particulier les œstrogènes, constituent l’un des principaux facteurs explicatifs. Les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel, à la grossesse ou à la ménopause influencent directement les mécanismes cérébraux impliqués dans la douleur. Des travaux scientifiques montrent que la chute brutale des œstrogènes, notamment avant les règles, peut favoriser le déclenchement des crises. Ces hormones interagissent avec les circuits neuronaux responsables de la perception de la douleur, ce qui rend le cerveau féminin plus sensible à certains stimuli migraineux.

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Différences biologiques et génétiques

Au-delà des hormones, des différences structurelles et génétiques jouent également un rôle. Les femmes présentent une prévalence plus élevée de certaines variations génétiques associées à la migraine. Par ailleurs, les systèmes cérébraux impliqués, notamment le système trigémino-vasculaire, comportent des récepteurs sensibles aux hormones sexuelles. Résultat : chez les femmes, les mécanismes de déclenchement et de maintien de la douleur migraineuse semblent plus facilement activés, expliquant une susceptibilité accrue et des symptômes souvent plus sévères.

Un retard historique dans la recherche médicale

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Pendant des décennies, la recherche scientifique s’est majoritairement appuyée sur des modèles masculins, aussi bien dans les essais cliniques que dans l’élaboration des traitements. Cette sous-représentation des femmes a limité la compréhension des spécificités féminines de la migraine. Sur le plan médical, cette situation a parfois conduit à une banalisation des symptômes rapportés par les patientes, retardant le diagnostic et l’accès à des soins adaptés. Aujourd’hui encore, de nombreuses femmes témoignent de difficultés à faire reconnaître la gravité de leurs crises.

Vers une prise en charge plus adaptée

Les avancées récentes plaident pour une approche plus différenciée de la migraine selon le sexe. Les chercheurs insistent désormais sur la nécessité de développer des traitements tenant compte des réalités hormonales et biologiques féminines. En attendant, la prise en charge repose sur plusieurs leviers complémentaires :

  • l’identification et l’évitement des facteurs déclenchants ;

  • une hygiène de vie adaptée (sommeil, alimentation, gestion du stress) ;

  • des traitements médicamenteux prescrits par des professionnels de santé.

Mieux comprendre pourquoi les femmes sont davantage touchées par les migraines constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique, à la croisée de la science, de l’égalité et de la qualité des soins.

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