Publicité
Lait entier ou écrémé : une vaste étude norvégienne suit 73 860 adultes pendant 33 ans et observe des écarts de mortalité cardiovasculaire. Ce verdict bouscule les habitudes, mais réserve aussi quelques nuances essentielles.
Publicité

Lait entier ou écrémé : quel est le meilleur choix pour la santé du cœur ? Une vaste étude norvégienne portant sur 73 860 adultes, suivis en moyenne 33 ans, apporte un éclairage rare. Publiée en 2025 dans le journal scientifique The American Journal of Clinical Nutrition, elle conclut que le lait entier est associé à un risque de mortalité plus élevé, alors que le lait pauvre en matières grasses semble un peu plus protecteur.

Publicité

Dans cette cohorte, les plus gros buveurs de lait présentaient un risque de décès toutes causes supérieur de 22 % et un risque de mortalité cardiovasculaire augmenté de 12 % par rapport aux plus faibles consommateurs. En affinant l’analyse, les chercheurs ont montré que c’est surtout le lait entier qui tirait ces chiffres vers le haut, tandis que le lait écrémé ou demi-écrémé était lié à un risque légèrement plus faible. Faut-il pour autant bannir le lait entier de son frigo ? Les auteurs invitent à une lecture plus prudente.

Une étude norvégienne éclaire le match lait entier ou écrémé

Réalisée par des chercheurs de l’Université d’Oslo, la Norwegian Counties Study et deux autres cohortes cardiovasculaires ont recueilli les habitudes alimentaires d’adultes norvégiens entre 1974 et 1988, puis ont suivi leur santé pendant 33 ans grâce aux registres nationaux. Au total, 26 393 décès ont été enregistrés, dont 8 590 liés à une maladie cardiovasculaire (CVD), 4 372 à une cardiopathie ischémique (IHD) et 3 047 à un infarctus du myocarde aigu (AMI). Les chercheurs ont réparti les participants en quintiles de consommation de lait et utilisé des modèles de régression de Cox pour calculer des hazard ratios (HR), c’est-à-dire des rapports de risque entre les plus gros et les plus petits consommateurs, dans un contexte où la Norvège est passée massivement du lait entier au lait allégé dans les années 1980.

Publicité

Lait entier ou écrémé : quels risques pour la santé du cœur ?

Chez les participants situés dans le quintile le plus élevé de consommation totale de lait, le HR atteignait 1,22 pour la mortalité toutes causes et 1,12 pour la mortalité cardiovasculaire, par rapport au quintile le plus bas. Autrement dit, les gros buveurs de lait avaient environ 22 % de risque supplémentaire de mourir, et 12 % de risque en plus de décéder d’une CVD. Les auteurs résument leurs résultats ainsi : "Les associations entre la consommation de lait et la mortalité cardiovasculaire et toutes causes variaient selon le type de lait, avec des associations positives observées pour le lait entier et une association modestement inverse avec la cardiopathie ischémique et la mortalité toutes causes pour le lait pauvre en matières grasses par rapport au lait entier".

Quand le type de lait est comparé à quantité égale, le lait pauvre en matières grasses ressort gagnant : par rapport au lait entier, il est associé à un HR d’environ 0,89 pour la mortalité toutes causes, 0,93 pour les CVD, 0,88 pour les IHD et 0,90 pour les AMI. Les auteurs ont vérifié que ces liens persistaient après exclusion des décès précoces ou des personnes déjà malades au départ. Ils rappellent toutefois que les buveurs de lait allégé étaient plus souvent des femmes, non-fumeuses et plus diplômées, alors que les amateurs de lait entier déclaraient plus fréquemment fumer, ce qui peut biaiser une partie des résultats malgré les ajustements statistiques.

 

Publicité
Dernières vidéos
Publicité