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Le budget 2026 explose de 490 milliards de FCFA

DIBA
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Le déficit budgétaire du Sénégal se creuse de près de 500 milliards de FCfa.
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Le budget 2026 est rattrapé par une équation financière plus contraignante que prévu. Les chiffres comparatifs de la Loi de finances initiale (LFI) et du Projet de Loi de finances rectificative (PLFR) mettent en évidence une détérioration significative des comptes publics. Le déficit budgétaire, fixé à 1 245,1 milliards de FCfa dans le budget initial, grimpe à 1 735,2 milliards dans le collectif budgétaire. En quelques mois, le besoin de financement supplémentaire atteint ainsi 490,1 milliards de FCfa, soit une aggravation de 39,4%. C’est l’indicateur le plus préoccupant de cette révision budgétaire.

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Ministère des Finances et du Budget
Ministère des Finances et du Budget

Un déficit qui bondit de 5,37 à 7,59% du PIB

Rapporté au Produit intérieur brut (PIB), le déficit passe de 5,37% dans la LFI à 7,59% dans le PLFR. L’écart, supérieur à deux points de PIB, traduit l’élargissement du déséquilibre entre les ressources mobilisées par l’État et les dépenses qu’il doit couvrir. Cette évolution pose une question centrale : comment financer les besoins de l’État dans un contexte où les recettes prévues diminuent tandis que les dépenses globales continuent de progresser ? Le PLFR apporte une nouvelle photographie des finances publiques, mais les chiffres soulignent surtout l’ampleur du réajustement nécessaire pour boucler l’exercice.

Le déséquilibre s’explique d’abord par une contraction des ressources budgétaires. Les recettes totales, évaluées à 6 188,9 milliards de FCfa dans la LFI, sont ramenées à 5 848,7 milliards dans le PLFR. L’État doit donc composer avec 340,2 milliards de recettes en moins, soit une diminution de 5,5% par rapport aux prévisions initiales. Dans le même temps, les dépenses totales augmentent. Initialement arrêtées à 7 434 milliards de FCfa, elles atteignent désormais 7 583,9 milliards, soit une hausse de 149,9 milliards ou 2%. Le croisement de ces deux évolutions - recul des recettes et progression des dépenses - accentue mécaniquement le besoin de financement de l’État.

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Ministere-des-Finances-et-du-budget
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Autrement dit, le budget rectificatif ne se contente pas de corriger quelques lignes comptables. Il fait apparaître un écart plus important entre les moyens disponibles et les engagements financiers à honorer. Autre enseignement majeur : la structure des dépenses évolue au détriment de l’investissement. Les dépenses courantes passent de 4 373,4 milliards de FCfa dans la LFI à 5 003 milliards dans le PLFR. Elles augmentent ainsi de 629,6 milliards, soit une progression d’environ 14,4%. À l’inverse, les dépenses d’investissement reculent de 2 803,9 à 2 248,9 milliards de FCfa.

Dépenses courantes en hausse, investissements en recul

La baisse atteint 555 milliards, soit près de 19,8%. Cette évolution met en lumière un arbitrage budgétaire important : les charges courantes absorbent une part plus élevée des ressources, tandis que les crédits consacrés à l’investissement diminuent. Cette tendance appelle une attention particulière, car les dépenses d’investissement sont généralement associées à la réalisation d’infrastructures et au soutien de l’activité économique. Les données disponibles ne permettent toutefois pas, à elles seules, d’identifier les projets concernés ni de déterminer précisément les conséquences de ces réductions sur les différents secteurs.

Budget
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La dégradation du déficit se reflète également dans les besoins de financement. Les emprunts prévus passent de 6 075,2 milliards de FCfa dans la LFI à 6 774,2 milliards dans le PLFR. Cela représente une augmentation de 699 milliards, soit environ 11,5%. Cette progression souligne l’importance accrue des financements à mobiliser pour couvrir les besoins budgétaires. Elle renforce également les interrogations sur les conditions de financement de l’État et sur la marge de manœuvre disponible pour les prochains exercices.

L’augmentation des emprunts ne signifie pas, à elle seule, que l’intégralité de cette hausse correspond au financement du déficit : les besoins d’emprunt peuvent également couvrir d’autres opérations financières, notamment le refinancement de dettes arrivant à échéance. Au terme de cette comparaison, trois tendances se dégagent : des recettes revues à la baisse, des dépenses globales en progression et un déficit qui se creuse de près de 500 milliards de FCfa. À cela, s’ajoutent une forte augmentation des charges courantes, un recul marqué des dépenses d’investissement et des besoins d’emprunt plus élevés. 

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