Les détails du clash tik-tok entre Rox, Jessica et Narou envoyées en prison
Au départ, rien ne laissait présager une telle escalade. Les échanges avaient commencé dans un climat plutôt cordial, au sein d’un groupe WhatsApp créé par Jessica pour permettre aux membres de partager leurs expériences, mais aussi des photos de leurs proches. C’est dans ce cadre que Rokhaya Fall avait été invitée. Mais au fil des échanges, l’ambiance allait progressivement se détériorer. Les éléments rapportés dans la plainte déposée le 1er septembre auprès de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) permettent de retracer le début de cette escalade.
Le point de rupture serait intervenu autour d’une collecte organisée au profit d’un certain Babacar Keundeung, alors alité. Dans sa plainte parcourue par L'OBS, Rox explique avoir simplement fait remarquer à Jessica que les fonds collectés tardaient à parvenir au bénéficiaire. Une remarque qui aurait été mal accueillie. Rox aurait alors été exclue du groupe avant de faire l’objet d’un «live» particulièrement virulent. La plaignante affirme y avoir été abreuvée d’injures et accusée publiquement.
Sa plainte fait également état de menaces de mort et de la diffusion supposée de son numéro de téléphone ainsi que de son adresse sur une plateforme publique. Une exposition que ses conseils considèrent comme particulièrement préoccupante, au regard du risque de violences qui pourrait en découler.
Les parents et les enfants au cœur du clash
De simple querelle entre figures des réseaux sociaux, le conflit a rapidement pris une tournure plus intime. Dans sa plainte, Rokhaya Fall accuse également Nafissatou Fall, dite Narou, d’avoir pris part aux attaques verbales dirigées contre elle, mais aussi contre ses enfants et ses parents décédés. Pour la défense de Rox, c’est précisément cette dimension qui aurait fait basculer la situation. L’un de ses avocats explique que sa cliente a été particulièrement affectée par la diffusion d’images de son père et de sa mère décédés.
Une atteinte à leur mémoire qui, selon lui, aurait constitué la provocation de trop et déclenché sa colère. Au cours de ses auditions, Rox aurait reconnu certains propos, notamment des injures et des menaces, tout en contestant avoir diffusé les données personnelles de Jessica ou de ses enfants. Sa défense soutient que les paroles menaçantes ont été prononcées sous le coup de la colère et de l’émotion, sans intention réelle de passer à l’acte.
6 infractions évoquées, 2 retenues
C’est l’un des points essentiels de la procédure. Les premières plaintes et déclarations faisaient état d’un large éventail de griefs : menaces de mort, injures publiques, diffamation, diffusion de fausses nouvelles, atteinte à la vie privée, diffusion de données à caractère personnel, voire association de malfaiteurs. Mais, selon la défense, le parquet n’a finalement retenu que deux infractions contre les trois mises en cause. D’après les explications fournies par l’un des avocats, il s’agit des propos contraires aux bonnes mœurs et des injures publiques. C’est sur cette base qu’elles devront comparaître devant le tribunal des flagrants délits.
Une précisiOn importante, alors que les réseaux sociaux ont largement relayé les multiples accusations portées contre les protagonistes : les faits évoqués dans les plaintes ne doivent pas être confondus avec les chefs finalement retenus par le parquet pour le procès. Après leur confrontation à la DSC, les trois femmes avaient pourtant tenté d’enterrer la hache de guerre. Les avocats des différentes parties avaient même travaillé à l’élaboration de lettres de désistement, dans l’espoir de permettre une sortie de crise.
Mais cette tentative d’apaisement n’aura finalement pas suffi. Le parquet a décidé de placer les trois femmes sous mandat de dépôt. . C’est devant les juges du tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye, le 9 septembre 2026, que Jessica, Rox et Narou devront répondre des deux délits finalement retenus contre elles : propos contraires aux bonnes mœurs et injures publiques.