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Matériel agricole subventionné : la Cour des comptes pointe des irrégularités et des milliards non justifiés à la LBA

Dans un rapport critique, la Cour des comptes met en lumière de graves dysfonctionnements dans la gestion du matériel agricole subventionné au Sénégal. L’institution évoque des avantages jugés indus accordés à La Banque Agricole ainsi qu’un manque de transparence portant sur plusieurs milliards de francs CFA.
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La Cour des comptes a épinglé la gestion du programme de matériel agricole subventionné, mettant en cause des pratiques jugées irrégulières impliquant La Banque Agricole (LBA). Dans son rapport, l’institution de contrôle dénonce notamment des « avantages injustifiés » accordés à la banque dans le cadre du mécanisme de financement mis en place avec l’État. Selon les magistrats financiers, ce dispositif permet à la LBA de percevoir intérêts, frais de dossier et pénalités de retard sans exposition réelle au risque. Les prêts contractés par les bénéficiaires ainsi que leurs apports personnels sont en effet logés dans des comptes séquestres ouverts au sein même de la banque.

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cour des comptes
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En cas de défaut de paiement, ces ressources sont directement mobilisées pour couvrir les créances, tandis que des frais continuent d’être appliqués aux producteurs. Le rapport souligne également l’application de pénalités de retard « non prévues » dans la convention signée avec l’État. La Cour des comptes relève par ailleurs un déficit notable de transparence dans le suivi des remboursements. Malgré les conventions conclues en 2018 et 2024, la LBA n’aurait pas transmis au ministère concerné les informations relatives aux dossiers financés. De son côté, la Direction de l’Administration générale et de l’Équipement (DAGE), en charge du suivi, ne disposerait ni d’un registre des prêts ni d’un système permettant de tracer les recouvrements. Les investigations révèlent qu’au 1er septembre 2025, plus de 1,656 milliard de francs CFA issus des remboursements des producteurs étaient logés dans un compte-relais ouvert à la LBA. Entre octobre 2021 et cette date, une seule opération de retrait, d’un montant de 750 200 FCFA, a été enregistrée.

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Le ministère évoque des restrictions imposées par la banque sur l’utilisation de ces fonds, une assertion contestée par cette dernière. La Cour estime toutefois que ces ressources échappent au circuit du Trésor public et n’ont pas été correctement intégrées dans les lois de finances. Enfin, le rapport fait état de dépenses s’élevant à plus de 2,169 milliards de francs CFA entre 2022 et 2025, réalisées sans justificatifs probants malgré les demandes des auditeurs. La cellule de passation des marchés du ministère indique ne pas avoir été sollicitée pour plusieurs commandes exécutées. Seules certaines acquisitions, notamment en matériel informatique et fournitures, ont pu être documentées. Face à ces manquements, la Cour des comptes recommande une révision de la convention liant l’État à la LBA, le transfert des ressources concernées vers le Trésor public, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des programmes de matériel agricole subventionné.

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