Moustiques : pourquoi certaines personnes sont-elles plus piquées que d’autres ?
Les moustiques ne ciblent pas leurs victimes de manière aléatoire. C’est ce que révèlent plusieurs travaux scientifiques analysés par des chercheurs de l’institut Smithsonian, qui mettent en lumière les mécanismes complexes derrière les piqûres parfois inégalement réparties au sein d’un même groupe de personnes. L’une des pistes les plus étudiées concerne le groupe sanguin. Selon ces recherches, les personnes appartenant aux groupes A et O seraient davantage exposées aux piqûres. Les moustiques seraient capables de détecter certains signaux chimiques émis par la peau, ce qui expliquerait cette préférence. Ainsi, dans un même environnement, deux individus peuvent être exposés différemment, sans qu’aucun facteur visible ne l’explique immédiatement.
Autre constat mis en avant par les chercheurs : les enfants seraient globalement moins ciblés que les adultes. La raison principale réside dans la production de dioxyde de carbone. Ce gaz, naturellement rejeté lors de la respiration, attire fortement les moustiques, qui s’en servent pour repérer leurs proies. À l’inverse, les adultes, notamment les femmes enceintes ou les personnes ayant une activité physique récente, émettent davantage de CO₂, ce qui les rend plus visibles pour ces insectes. La température corporelle joue également un rôle important : plus le corps est chaud, plus il attire les moustiques. Ce phénomène explique pourquoi les piqûres sont plus fréquentes après un effort physique.
Les recherches indiquent également que certains éléments du quotidien influencent cette attraction. La couleur des vêtements, par exemple, jouerait un rôle : les teintes sombres ou rouges rendraient les individus plus visibles pour les moustiques, contrairement au blanc, qui serait moins attractif. Enfin, la consommation d’alcool, notamment la bière, semble augmenter la probabilité d’être piqué, sans que les mécanismes exacts soient encore totalement compris. Au-delà de ces éléments pris isolément, les scientifiques insistent sur le fait que l’attraction des moustiques résulte d’une combinaison de facteurs : odeur corporelle, respiration, chaleur, activité physique et environnement. En d’autres termes, face aux moustiques, chacun réagit différemment… et ce sont souvent des détails invisibles qui font la différence.