Une cuvette au bout du réseau
L'hôpital Philippe Maguilèn Senghor est vulnérable aux eaux de pluie. Deux responsables syndicaux du secteur avancent un même élément d’explication : Philippe Maguilen Senghor serait situé dans une zone basse, vers laquelle convergent les eaux de ruissellement. Cheikh Seck, secrétaire général du Sdt3s et président de la Fédération des syndicats de la santé, qui regroupe 11 organisations, rappelle que les inondations ne datent pas d’hier.
Le pont aurait modifié les voies d'écoulement des eaux
Mais leur ampleur se serait aggravée ces dernières années, notamment, selon lui, depuis l’érection du pont qui aurait modifié les voies d’écoulement des eaux vers la zone. «Les gens font des infrastructures routières sans respecter les études d’impact environnemental», déplore-t-il. À ses yeux, le problème dépasse largement le seul cas de Philippe Maguilen Senghor et renvoie à la question plus globale de l’aménagement et de l’assainissement de Dakar.
Le centre de santé est construit dans une cuvette
Mballo Dia Thiam, secrétaire général national du Sutsas et président de l’Asas And Gueusseum, situe lui aussi le problème dans la configuration même du site. Le centre de santé, dit-il, a été construit dans une cuvette, «voire un véritable bas-fond». Un site qui porte le nom de Philippe Maguilen Senghor, fils de l’ancien président Léopold Sédar Senghor, décédé dans un accident de la circulation à proximité des lieux. Pour le responsable syndical, les inondations répétées ne détruisent pas seulement des équipements. Elles menacent également des archives médicales, techniques et comptables.
Il faut délocaliser le centre
Sur les solutions, Cheikh Seck plaide pour une réponse globale plutôt que pour une succession de réparations ponctuelles. Il réclame un plan directeur d’assainissement du site. Il préconise de construire en hauteur et de protéger le site par une digue permettant de détourner les eaux vers les points d’évacuation. Pour sa part, Mballo Dia Thiam va plus loin : il suggère de quitter les lieux. Il propose d’étudier la possibilité d’implanter le nouvel établissement sur le site de l’ancien hangar des pèlerins, à l’aéroport Léopold Sédar Senghor de Yoff.