Publicité

Pourquoi il y a plus d’hommes que de femmes au Sénégal ?

La population sénégalaise est passée de 18 126 390 habitants en 2023 à 19 075 959 habitants en 2025, selon les nouveaux chiffres de l’Ansd. Les hommes représentent 50,7% de la population, contre 49,3% de femmes.
Publicité

Avec une hausse de 2,5% d’individus notée par rapport à l’année précédente, la population du Sénégal est estimée à 19 075 959 habitants en 2025. Une évolution démographique que l’ingénieur statisticien et démographe Abdoulaye Ndatar Sène, interrogé par L'OBS, explique par le niveau élevé de la fécondité (4,2 enfants par femme), la baisse de la mortalité (5,6 pour 1 000) et peut-être la migration, si le nombre d'entrées dépasse les sorties. Fait remarquable dans le rapport, les hommes représentent 9 670 361 des habitants, soit 50,7%, tandis que les femmes constituent 49,3% de la population, soit 9 405 598 personnes.

Publicité

Il y a 105 garçons pour 100 filles

Habituellement, les femmes étaient plus nombreuses que les hommes. Abdoulaye Ndatar Sène explique que cette légère supériorité des hommes sur les femmes ne s'est pas vérifiée dans les ménages ordinaires, mais au niveau global, au niveau des enfants de moins de 15 ans, au niveau des ménages collectifs (daaras, résidences universitaires, établissements pénitentiaires, camps militaires, hôtels, hôpitaux...), et aussi dans la population flottante (sans domicile fixe). «C'est pourquoi, je pense que cette légère supériorité des hommes pourrait s'expliquer par les garçons de moins 15 ans des pays limitrophes qui viennent apprendre chez nous. Aussi, il y a la supériorité des garçons dès la naissance, en général 105 garçons pour 100 filles, sans oublier la baisse de la mortalité qui permet de conserver cette supériorité des garçons.»

Et selon l’ingénieur statisticien et démographe, cette tendance va se poursuivre dans les prochaines années. «Vu les efforts sanitaires, la mortalité devra continuer à baisser. Vu aussi notre stabilité politique et l'instabilité politique des pays limitrophes, cette migration pourrait se poursuivre», explique Abdoulaye Ndatar Sène.  

Publicité

L'immigration masculine forte venant de la sous-région

Enseignant-chercheur au Laboratoire de Géographie humaine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), Dr Momar Diongue évoque une inversion du rapport de masculinité au profit des hommes, ce qui est une première au Sénégal. Selon l’enseignant-chercheur, d’habitude il naît plus d’hommes que de femmes, et les hommes ont une espérance de vie moindre que celle des femmes en général, mais une immigration masculine forte venant de la sous-région peut compenser au profit des hommes. «Généralement, l’immigration concerne davantage les hommes que les femmes en termes d’effectifs. Donc, si elle est à dominante masculine, l’immigration peut être un facteur explicatif, indique-t-il. Une moindre vulnérabilité des hommes au début et aux âges supérieurs de la pyramide des âges pourrait aussi expliquer cette supériorité numérique», fait comprendre l’enseignant-chercheur au Laboratoire de Géographie humaine à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Dr Momar Diongue.

La région de Dakar concentre moins d’un quart de l’ensemble des habitants du pays

Publicité

Par ailleurs, le rapport signale que la population est inégalement répartie sur le territoire national. Plus de la moitié de la population (55,1%) vit en milieu urbain en 2025. La région de Dakar, à elle seule, concentre 22% de la population totale, soit un peu moins d’un quart de l’ensemble des habitants du pays. De plus, plus de 54% de la population réside dans quatre régions administratives, à savoir : Dakar, Thiès, Diourbel et Kaolack. En revanche, certaines régions sont faiblement peuplées au regard de leur poids démographique. Il s’agit des régions de Matam (4,6%), de Kaffrine (4,6%), de Ziguinchor (3,3%), de Sédhiou (3,3%) et de Kédougou (1,4%).

Publicité