Pourquoi vous n’arrivez pas à lâcher TikTok avant de dormir?
Scroller des vidéos à l’infini avant de dormir est devenu une habitude largement répandue. Sur TikTok, Instagram Reels ou YouTube Shorts, les contenus courts et personnalisés captent l’attention pendant de longues minutes, voire des heures. Si leur impact sur le sommeil est régulièrement pointé du doigt, une étude menée en Chine apporte un éclairage nouveau sur ce phénomène. Conduite par des chercheurs de la South China Normal University, l’enquête s’appuie sur le suivi de près de 7 000 étudiants à Canton durant trois mois. Les participants ont été interrogés sur leurs habitudes numériques, la qualité de leur sommeil, leur niveau de fatigue ainsi que leur état émotionnel. Les résultats mettent en évidence une relation circulaire entre usage des écrans et troubles du sommeil.
Selon les chercheurs, regarder excessivement des vidéos courtes contribue effectivement à retarder l’endormissement et à fragmenter les nuits. Mais l’inverse est tout aussi vrai : le manque de sommeil favoriserait un recours accru à ces contenus. En cause, la fatigue ressentie dans la journée, identifiée comme un facteur central dans ce mécanisme. Un cerveau fatigué voit ses capacités de régulation diminuer, notamment celles liées au contrôle des impulsions. Dans cet état, les vidéos courtes deviennent particulièrement attractives : elles offrent une stimulation immédiate, demandent peu d’effort cognitif et procurent une forme de gratification instantanée. Cette combinaison favorise un usage prolongé, souvent au détriment de l’heure du coucher. Les scientifiques évoquent ainsi une forme de « boucle comportementale » difficile à rompre. La fatigue pousse à consommer davantage de contenus le soir, ce qui retarde l’endormissement et entretient, le lendemain, un nouvel état d’épuisement.
Les algorithmes des plateformes, conçus pour maximiser le temps d’attention, renforcent encore ce phénomène en proposant des vidéos toujours plus adaptées aux préférences des utilisateurs. Face à ce constat, les chercheurs recommandent plusieurs mesures inspirées des thérapies cognitivo-comportementales. Parmi elles figurent l’instauration d’horaires de sommeil réguliers, la réduction de l’exposition aux écrans avant le coucher ou encore la pratique d’activités relaxantes. L’objectif : restaurer un niveau d’énergie suffisant durant la journée afin de limiter la dépendance aux stimulations numériques le soir. Les auteurs soulignent toutefois certaines limites, notamment le caractère déclaratif des données et le fait que l’étude porte uniquement sur une population étudiante. D’autres recherches seront nécessaires pour confirmer ces résultats à plus grande échelle.