Prise d'otage, Azalai hôtel et Terrou-Bi attaqués : récit d’une simulation d’attentat XXL...
: une simulation XXL pour parer à
Baptisé «Cartex», cet exercice de simulation à haut risque a mobilisé 14 600 hommes issus des forces de défense et de sécurité sur les trois pôles névralgiques de la compétition : Dakar, Diamniadio et Saly. Le scénario choisi pour cette répétition générale ? Une prise d'otages terroriste internationale en plein cœur des Jeux olympiques à Dakar. L'exercice, qui s'est déroulé sous haute tension, a poussé les hommes en uniforme dans leurs derniers retranchements : 60 minutes de chaos programmé, 49 séquences millimétrées et 50 otages à libérer.
L'attaque terroriste menée par le «Collectif ouest-africain pour le jihad et la prière»
Pour corser l'affaire, les stratèges de la sécurité ont imaginé une attaque d'envergure menée par une organisation terroriste fictive baptisée le «Collectif ouest-africain pour le jihad et la prière». Dans la simulation, ce groupe s'emparait d'un grand hôtel de la place logeant des délégations étrangères afin de s'offrir un coup d'éclat médiatique planétaire. La riposte des forces d'élite sénégalaises a été foudroyante. Pour la première fois, la prestigieuse Brigade d’intervention polyvalente (Bip) de la police a été déployée comme force menante à l'assaut du bâtiment, opérant en parfaite interopérabilité avec les tireurs d'élite du GIGN, les commandos des Forces spéciales de la Marine, ainsi que des unités de l’Armée de terre et de l’air.
Au sol, les hommes de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers (BNSP) assuraient la gestion des blessés fictifs sous le contrôle du Centre de coordination des opérations (CCO).Bien que le ministre de l'Intérieur, Mouhamadou Makhtar Cissé, ait déclaré, à l'issue de l'assaut, que le dispositif national était officiellement «opérationnel», il a immédiatement refusé de verser dans l'autosatisfaction. «Cela ne veut pas dire qu’il est parfait», a tranché le premier flic du Sénégal.
Les évaluateurs indépendants ont en effet pointé du doigt plusieurs zones de friction, notamment des marges de progression dans la vitesse de transmission de l'information entre les postes de commandement et des couacs dans la régulation des flux routiers. Des failles techniques que le coordonnateur de la sécurité, Cheikh Niang, s'est engagé à corriger sous 24 jours. Face au blocus routier imminent qui va paralyser l'axe Dakar-Saly, les autorités appellent désormais les populations à faire preuve d'un esprit civique sans faille, rappelant que chaque citoyen devra être un agent de renseignement face à la menace.