Santé cardiaque : tous les fruits et légumes ne se valent pas
Longtemps considérée comme une règle d’or, la consommation quotidienne de fruits et légumes ne garantit pas à elle seule une protection optimale contre les maladies cardiovasculaires. Une étude récente met en lumière un facteur souvent négligé : la nature des composés présents dans ces aliments, en particulier les flavanols, connus pour leurs effets bénéfiques sur le système cardiovasculaire. Les flavanols, une catégorie de composés végétaux, jouent un rôle clé dans la santé du cœur. Pourtant, ils restent insuffisamment présents dans les habitudes alimentaires, y compris chez les personnes respectant les recommandations nutritionnelles classiques.
C’est ce que révèle une analyse menée par des chercheurs de plusieurs institutions internationales, dont l’University of Reading, Harvard Medical School et l’University of California. L’étude s’appuie sur une cohorte de plus de 30 000 adultes en Amérique du Nord et au Royaume-Uni. Grâce à l’utilisation de biomarqueurs, les scientifiques ont pu mesurer de manière plus précise l’apport réel en flavanols. Résultat : moins de 20 % des participants atteignent le seuil de 500 mg par jour, considéré comme bénéfique pour réduire le risque de décès d’origine cardiaque, selon l’essai clinique COSMOS. Ces conclusions soulignent l’importance de privilégier certains aliments riches en flavanols.
Parmi eux, les mûres, qui peuvent fournir environ 250 mg pour une portion de 200 grammes, les pommes consommées avec leur peau (environ 110 mg pour 200 grammes), ou encore le thé vert, dont une tasse peut apporter jusqu’à 200 mg de flavanols. Pour les chercheurs, il ne s’agit pas de remettre en cause le message des “cinq portions par jour”, mais de le compléter. « La qualité des fruits et légumes compte autant que la quantité », rappelle le professeur Gunter Kuhnle. Autrement dit, tous les fruits et légumes ne présentent pas les mêmes bénéfices, et leur composition nutritionnelle doit désormais être prise en compte dans les recommandations. Cette étude ouvre ainsi la voie à une approche plus ciblée de la nutrition, en intégrant davantage la notion de composés actifs. Elle appelle également à de nouvelles recherches pour affiner les conseils alimentaires et renforcer la prévention des maladies cardiovasculaires.