Secrétariat général de l’ONU : l’Afrique face au défi de l’unité
À l’approche des échéances internationales majeures, la question de la représentation africaine au sein des instances mondiales revient avec acuité. Le débat autour du secrétariat général de l’Organisation des Nations unies met en lumière des divergences persistantes entre États du continent, illustrées notamment par des désaccords autour de certaines candidatures, dont celle de Macky Sall, et par l’initiative de pays comme l’Ouganda de présenter un candidat concurrent. Dans une contribution signée par Antigone Diop, membre de la société civile africaine, ces tensions sont décrites comme révélatrices d’un malaise plus profond. « Mon cœur de panafricaine est lourd. Je vois nos dissensions, nos hésitations, et parfois même nos silences », écrit-elle, pointant une absence d’unité qui, selon elle, fragilise la position du continent sur la scène internationale.
Antigone s’interroge également sur la gestion des différends internes : « pourquoi portons-nous nos querelles internes sur la scène internationale ? Pourquoi la rivalité prend-elle le pas sur la vision collective ? » Des interrogations qui traduisent, selon elle, une difficulté à faire primer l’intérêt commun sur les agendas nationaux. Cette fragmentation, poursuit-elle, affaiblit les ambitions africaines sur des dossiers majeurs. « Nous n’avons pas su parler d’une seule voix », regrette Antigone Diop, évoquant notamment la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, où le continent réclame depuis des décennies une représentation permanente sans parvenir à s’accorder sur une position commune. S’appuyant sur les enseignements de figures historiques comme Léopold Sédar Senghor, Kwame Nkrumah et Nelson Mandela, la contributrice plaide pour un sursaut collectif. « L’Afrique doit s’unir ou rester invisible », avertit-elle, insistant sur la nécessité de dépasser les clivages pour exister dans un monde structuré en blocs.
Pour Antigone Diop, le panafricanisme ne doit pas se limiter à des déclarations d’intention. « Être panafricain, c’est faire le choix du collectif contre les calculs étroits », affirme-t-elle, appelant à une approche plus cohérente et solidaire dans les prises de décision. Enfin, elle invite à un changement de posture face aux enjeux internationaux , « l’Afrique n’a pas besoin d’une multiplication de candidatures concurrentes. Elle a besoin d’une seule voix, forte et crédible. » Une position qui résume, selon elle, l’urgence pour le continent de « cesser d’être son propre obstacle » afin de renforcer son influence à l’échelle mondiale. Dans un contexte international marqué par une compétition accrue entre puissances, la question de l’unité africaine apparaît ainsi plus que jamais déterminante pour peser dans les grandes décisions globales.