SGSN : plus de 200 millions FCFA détournés, un présumé faussaire récidiviste arrêté par la DIC
Un contrat de crédit-bail au cœur de l’affaire
L’affaire trouve son origine dans un contrat de crédit-bail conclu entre la Société Générale Sénégal (SGSN) et P. N. Niang. Dans le cadre de cet accord, l’établissement bancaire lui avait mis à disposition une flotte de dix véhicules, en contrepartie d’un engagement de paiement mensuel de 3,9 millions de francs CFA sur une période de 60 mois. La valeur totale du financement était estimée à 234 millions de francs CFA, selon les informations rapportées par Seneweb. Toutefois, d’après les éléments du dossier, le bénéficiaire n’aurait réglé que la première échéance. Il serait ensuite devenu injoignable pour les services de recouvrement de la banque, tout en continuant à exploiter les véhicules concernés. Le préjudice financier subi par l’établissement bancaire est évalué à 230,1 millions de francs CFA.
Des relevés bancaires présumés falsifiés
Face aux impayés, les audits internes de la SGSN auraient révélé des irrégularités dans le dossier de financement. Les relevés bancaires présentés par le souscripteur lors de la constitution de sa demande de crédit auraient été falsifiés. Malgré plusieurs convocations, le mis en cause ne se serait pas présenté devant les enquêteurs et n’aurait pas restitué les véhicules. La banque a alors saisi les autorités compétentes, ouvrant la voie à une enquête de la Division des investigations criminelles.
Dix véhicules localisés grâce au GPS
Dans le cadre de leurs investigations, les éléments de la DIC ont procédé à la géolocalisation des dix véhicules à l’aide de leurs balises GPS. Cette opération a permis de les localiser, puis de les immobiliser et de les saisir. Entendu par les enquêteurs après son placement en garde à vue, P. N. Niang aurait reconnu n’avoir payé que la première mensualité. Pour expliquer les impayés, il aurait invoqué les défaillances financières de ses partenaires commerciaux, auxquels il aurait sous-loué les véhicules. Concernant les documents bancaires contestés, il aurait d’abord maintenu leur authenticité avant de reconnaître, selon les informations rapportées par Seneweb, les avoir confectionnés lui-même après avoir été confronté aux incohérences techniques relevées par les analystes. P. N. Niang aurait déjà fait l’objet d’une condamnation pour des faits similaires en novembre 2025. Déféré au parquet de Dakar, il est poursuivi, à ce stade de la procédure, pour escroquerie et usage de faux.