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Tour de chauffe dans les turbines d’Air Sénégal qui risque de ne plus décoller

66 milliards FCFA bloqués, lignes suspendues d'ici au 1er mai, dette abyssale.... Si rien n’est fait, la compagnie nationale Air Sénégal pourrait cesser tout bonnement son exploitation.
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Trou d'air à la compagnie aérienne nationale Air Sénégal qui rencontre d’énormes difficultés. Outre le blocage de 66 milliards FCFA, la suspension de ses lignes à partir du 1er Mai, Air Sénégal risque d'aller vers une cessation d'exploitation. La compagnie nationale a alerté les autorités sur un risque réel de cessation d’exploitation si aucun soutien financier n’est rapidement mobilisé. Une mise en garde d’autant plus préoccupante que les 66 milliards FCfa votés par l’Assemblée nationale dans le cadre de la Loi de finances rectificative (Lfr) tardent encore à être effectivement décaissés au profit de la compagnie.

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Un avion de Air Sénégal
Un avion de Air Sénégal

2 milliards FCfa par mois pour l’achat de carburant

Ce n'est pas tout. La compagnie évolue ainsi dans un environnement rendu encore plus instable par les répercussions du conflit au Moyen-Orient. La fermeture du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique d’environ 20 % du pétrole mondial, a entraîné une hausse généralisée des prix du pétrole et de ses dérivés, accentuant le choc pétrolier qui frappe l’ensemble du secteur aérien. Et dans ce contexte de forte tension, le litre de Kérosène (Jet A1) a connu une envolée vertigineuse. A l’aéroport international Blaise Diagne de Dakar, il est passé de 390,623 FCfa en janvier à 767,16 FCfa en avril, soit une hausse de 96 %. A Abidjan, il est passé de 337,203 F CFA à 860,38 FCfa sur la même période, enregistrant une progression de 155 %. À l’aéroport Charles de Gaulle à Paris, le litre a également bondi de 367,476 FCfa à 834,61 FCfa, soit une hausse de 127 %.

Ces deux plateformes, Dakar et Paris, concentrent à elles seules près de 75 % de l’impact financier sur la compagnie, avec un manque à gagner mensuel estimé à plus de 1,5 milliard de francs Cfa. Au total, Air Sénégal consacre désormais près de 2 milliards FCfa par mois à l’achat de carburant, une charge qui alourdit considérablement une structure déjà fragilisée. Le maintien du retard dans le déblocage des 66 milliards de francs Cfa aggrave encore davantage la pression financière, malgré les multiples relances effectuées lors de différentes réunions avec les autorités.

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Plusieurs lignes au départ de Dakar suspendues

Airbus-Air-Senegal
Airbus-Air-Senegal

Dans ce climat de tension internationale et de fragilité opérationnelle accrue, la compagnie a été contrainte de revoir en profondeur son dispositif d’exploitation afin de contenir les coûts et maintenir ses activités. Face à cette situation, Air Sénégal a élaboré un plan de résilience reposant sur une réorganisation de son réseau et une réduction de ses capacités opérationnelles. A compter du 1er mai, plusieurs lignes au départ de Dakar-Blaise Diagne vers Bamako, Ouagadougou, Nouakchott et Praia seront suspendues jusqu’à nouvel ordre. Toutefois, la compagnie maintient une desserte vers l’archipel du Cap-Vert, notamment Sal, opérée avec un Atr à partir du 4 mai, dans l’attente de la réception d’un second appareil prévue fin mai. Dans la même dynamique, la compagnie procède à une réduction de sa flotte en mode Acmi (location d’avions avec équipage), désormais limitée à deux Boeing 737. Cette restructuration devrait permettre de réaliser une économie estimée à 670 760 000 F Cfa par mois.

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