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Les avortements non sécurisés responsables d’environ 40 000 décès par an

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Les avortements non sécurisés sont responsables d’environ 40 000 décès par an dans le monde, soit une femme qui meurt toutes les 13 minutes d’un avortement non sécurisé. Cela représente 8 à 18% des décès maternels enregistrés chaque année et pourtant, c’est une cause de mortalité maternelle complètement évitable. "L’avortement à risque représente une cause de mortalité évitable au Sénégal", a révélé la sage-femme d’État Adama Sanokho. Elle s'exprimait lors d’un atelier de mise à niveau à l’intention des membres de l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD) en partenariat avec MSI Reproductive Choices Sénégal.

Elle révèle que les décès liés aux avortements non sécurisés sont sous-déclarés, masqués dans les registres sous la mention complications de l’avortement. ‘La réalité est implacable car, chaque année, des milliers de femmes meurent des suites d’interventions clandestines, souvent pratiquées avec des moyens rudimentaires et dangereux’’ regrette la sage-femme, experte en Santé maternelle et néonatale (SMNN).

Illustration femme senegal avortement
Illustration femme senegal avortement

‘’Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement", rappelle Mme Sanogo, soulignant la nécessité d’une prise en charge respectueuse et sécurisée’’. Elle insiste sur le Protocole de Maputo, ratifié par le Sénégal, qui impose aux Etats de garantir l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol, d’inceste ou de menace grave sur la santé.

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Pour parer à toute éventualité, elle a réaffirmé la nécessité de renforcer l’accès à une prise en charge médicale précoce, notamment dans les situations de viol, d’inceste ou de danger pour la santé de la mère. "Les avortements pratiqués dans de mauvaises conditions relèvent d’une urgence silencieuse de santé publique, en raison notamment des hémorragies, infections, perforations utérines et autres complications susceptibles de provoquer des séquelles, voire des décès", a-t-elle souligné. Avant d'ajouter : "les avortements non sécurisés sont souvent liés à des restrictions légales, à un manque d’accès à des services de santé sûrs ou à des obstacles juridiques, financiers et sociaux.

Pis, les restrictions d’accès à l’avortement n’empêchent pas les avortements. Elles poussent uniquement à ce que ces derniers se déroulent dans des conditions plus dangereuses., Ainsi, a-t-elle invité, en conséquence, à “renforcer l’accès à une prise en charge médicale précoce, notamment dans les situations de viol, d’inceste ou de danger pour la santé de la mère”.

Plus de 34.000 avortements clandestins recensés, Dakar en tête avec 6.948 cas

Au Sénégal, les avortements non médicalisés représentent la cinquième cause de décès maternels dans le pays. Selon les chiffres combinés de la Direction de la Santé, de la mère et de l'enfant et de la Task Force (AJS) 34.079 cas ont été recensés au niveau national. Dakar arrive en tête avec 6.948 cas suivie de Thiès 5.390 cas, Diourbel 3.704 cas. Mme Sanokho a rappelé que les hémorragies représentaient 41 % des causes de décès maternels au Sénégal en 2023, contre 37 % en 2019, ajoutant que l’avortement figure parmi les causes importantes de ces complications.

63 % des IVG pratiqués par des personnes non qualifiées

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Au total, près de deux tiers (63%) des avortements pratiqués au Sénégal le sont par des personnes non qualifiées et sont considérés présenter un très haut risque. Selon les estimations, 38% sont pratiqués par les guérisseurs traditionnels et 21% sont provoqués par les femmes elles-mêmes. Environ 4% sont provoqués à l’aide de drogues/médicaments ou autres substances achetées en pharmacie.  Un peu plus du tiers sont pratiqués par des professionnels de la santé qualifiés (17% par des médecins et 20% par des infirmières ou des sages-femmes). Les femmes ayant des ressources financières, se rendent dans des cliniques privées pour avorter. Ces avortements sécurisés coûtent entre 300 000 et 500 000 francs CFA. Mais de nombreuses autres femmes avortent clandestinement dans des conditions à risque.

-pourquoi-le-nombre-d-avortement-a-t-il-augmente-en-france-illustration
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224 femmes détenues pour infanticide ou aovrtement clandestin

Les résultats ont montré que sur les 37 établissements pénitentiaires que compte le pays, seuls 14 établissements pénitentiaires abritaient des femmes incarcérées pour infanticide ou avortement clandestin. Que sur les 244 femmes détenues dans l’ensemble de ces établissements pénitentiaires, 59 (24,18 %) ont été concernées par l’objet de l’étude. Parmi ces dernières, 54, soit 91,5 %, sont poursuivies pour infanticide et cinq, soit 8,5%, pour avortement clandestin.

Le nombre de femmes détenues pour ces deux infractions est cependant faible par rapport aux données des autorités étatiques (Direction de la Santé de la mère et de l’enfant du ministère de la Santé et de l’Action sociale) : plus de 30 000 cas d’avortement par an (2020). Également, le nombre de femmes incarcérées pour ces deux faits ne représente que 18,51 % de la population féminine en milieu carcéral’.

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Le Sénégal invité à appliquer le protocole de Maputo

Madame Majiguène Sarr juriste et et prendre de la Task Force, invite le Sénégal a légaliser l'avortement médicalisé pour avoir ratifié en 2004 le Protocole de Maputo garantissant l’accès audit avortement en cas de viol, d’inceste ou de menace grave sur la santé de la mère. Selon elle, l’article 305 du Code pénal criminalise l’avortement provoqué, exposant les femmes à la clandestinité et à ses conséquences dramatiques. ‘’C’est surtout une question de droits humains, alors que tous les textes ont été ratifiés par le Sénégal’’ a-t-elle relevé en faisant une communication sur le thème

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