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USA : 4,4 millions de dollars pour cinq enfants noirs victimes de maltraitance chez leurs parents adoptifs

Cinq enfants noirs, victimes de graves maltraitances de la part de leurs parents adoptifs blancs en Virginie-Occidentale, vont recevoir 4,4 millions de dollars de dédommagement de l’État. Une décision qui intervient après des défaillances présumées des services de protection de l’enfance, malgré plusieurs signalements concernant leur situation.
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Des enfants soumis à des conditions de vie dégradantes

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Les cinq frères et sœurs, âgés de 6 à 16 ans au moment des faits, vivaient avec Jeanne Kay Whitefeather et Donald Lantz, leurs parents adoptifs, sur une propriété située à Sissonville, en Virginie-Occidentale. Selon les éléments révélés lors de la procédure judiciaire, les enfants auraient été contraints de travailler comme ouvriers agricoles et auraient vécu dans des conditions particulièrement difficiles. Les faits ont notamment été décrits comme une forme d’exploitation liée à leur couleur de peau. Les deux parents adoptifs ont depuis été condamnés à une peine cumulée de 375 ans de prison pour les faits commis à l’encontre des enfants. 

Deux adolescents retrouvés enfermés dans un hangar

L’affaire avait pris une nouvelle dimension après le signalement d’un voisin concernant deux des enfants. La police avait alors découvert les deux adolescents, âgés de 14 et 16 ans, enfermés dans un hangar. Le lieu ne disposait ni d’éclairage ni d’eau courante et ne comportait qu’une petite installation sanitaire. Les adolescents auraient également été contraints de dormir sur le sol en béton, sans matelas. L’un d’eux aurait indiqué aux policiers avoir été enfermé pendant plusieurs heures après son dernier repas. Cette découverte avait conduit à l’arrestation des parents adoptifs et à la prise en charge des enfants par de nouvelles familles.

4,4 millions de dollars accordés par l’État

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Le tribunal de circuit du comté de Kanawha a approuvé un accord de 4,4 millions de dollars en faveur des cinq enfants. Il s’agit, selon les informations rapportées par West Virginia Watch, du montant maximal que l’État peut accorder dans ce type de procédure. Les enfants devront se partager cette somme. Certains d’entre eux souffrent encore de stress post-traumatique à la suite des violences et des conditions dans lesquelles ils ont vécu. Pour leur avocat, Dante diTrapano, cette indemnisation doit notamment leur permettre de retrouver une partie de l’enfance dont ils ont été privés.

Le rôle des services de protection de l’enfance mis en cause

Au-delà des agissements des parents adoptifs, la responsabilité des services de protection de l’enfance de Virginie-Occidentale est également au cœur de la procédure. Les enfants avaient engagé une action contre le Département des Services Humains de l’État, accusant les services de protection de l’enfance de ne pas avoir suffisamment réagi aux différents signalements concernant leur situation. D’après les éléments rapportés dans le cadre de l’affaire, plusieurs appels de voisins avaient été enregistrés. Pourtant, les services compétents n’auraient effectué qu’une seule visite sur place. Le dossier aurait également révélé que les enquêteurs n’avaient pas toujours rencontré les enfants dans des conditions permettant de recueillir librement leur parole. L’un des entretiens aurait notamment été réalisé à portée d’oreille des parents adoptifs. 

Des dysfonctionnements dénoncés

L’avocat des cinq enfants estime que cette affaire révèle de profondes failles dans le système de protection de l’enfance. « Il y a toutes sortes de choses qui doivent être changées », a déclaré Dante diTrapano, appelant notamment à améliorer la qualité des interventions, les méthodes d’entretien avec les enfants et la manière dont les signalements sont documentés et traités. Au moins un employé du Département des Services Humains impliqué dans le dossier aurait été licencié, selon des responsables de l’État. 

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Les enfants ont depuis rejoint de nouvelles familles

Après l’arrestation de leurs parents adoptifs, les cinq enfants ont été placés dans de nouvelles familles. Certains ont depuis commencé à retrouver des activités correspondant davantage à leur âge et à leur vie d’enfants. Leur avocat estime que l’accord conclu avec l’État constitue une étape importante, même si les conséquences psychologiques des violences pourraient continuer à les affecter. Par ailleurs, Dante diTrapano envisage également des poursuites contre les services de protection de l’enfance de l’État de Washington. Selon lui, ces services auraient autorisé le déménagement de la famille vers la Virginie-Occidentale alors que des signalements de maltraitance avaient déjà été effectués auparavant.

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