Yeumbeul : un muezzin jugé pour viols répétés sur une enfant de 9 ans
A. N., une fillette de 9 ans confiée à sa tante, en l’absence de ses parents émigrés en Italie, est victime de viols répétés. Selon la victime, sur la terrasse, le muezzin l’aurait plaquée contre un mur pour lui enlever la robe et plonger ses doigts dans ses parties intimes. Puis, durant le mois béni du Ramadan, relate L'OBS, alors que l’enfant était venue lui remettre un repas acheté auprès de sa tante, tenante de gargote, il aurait encore profité de l’aubaine.
Sous le prétexte fallacieux de lui offrir une mangue, il l’a attirée dans sa chambre avant de consommer l’acte. D’autres viols auraient suivi, d’après la déposition de la victime durant l’enquête préliminaire. «Elle ne se souvient plus du nombre de fois», martèle l’avocat de la partie civile, soulignant la détresse d’une enfant qui a fini par se confier à un proche de la famille, A. Thiam, par peur de la réaction maternelle.
À la barre mardi dernier, après 5 ans à attendre son procès, D. Guèye, devenu imam en prison, jure sur sa foi. Lors de l’instruction, l’accusé affirmait s’entraîner à la Cité Comico; aujourd’hui, il admet avoir fréquenté la terrasse, pas loin du poulailler d’une dame du nom de F. Ndiaye, qui a témoigné durant l’enquête de police. Pour sa défense, D. Guèye sort un atout de sa manche: l’existence d’un colocataire, M. Ouattara, présent à l’époque des faits.
Pourquoi n’en a-t-il pas parlé plutôt ? l’interroge le Procureur. «Personne ne me l’a demandé», rétorque-t-il. Une stratégie de dernière minute pour le Parquet, une omission humaine pour la défense. Le ministère public n’a pas cillé. Pour lui, la culpabilité ne fait aucun doute. S’appuyant sur l’article 320 du Code pénal qui rend caduc le consentement d’une mineure, ainsi que sur le certificat médical du 3 mai 2021 mentionnant des «déchirures hyménales anciennes», il réclame 10 ans de réclusion criminelle.
Du côté de la défense, c’est une véritable contre-attaque. Pour Me Tall et ses confrères, ce dossier est celui de la «simple délation» érigée en preuve reine. Explorant l’existence d’un doute, ils ont pointé du doigt A. Thiam, le «confident» de la petite. Pourquoi cet homme, si proche des filles, n’a-t-il jamais été inquiété ? a lancé la défense, suggérant que l’on a choisi un coupable «au pif» pour rassurer les parents de la petite victime installés en Italie.
Au terme des plaidoiries, D. Guèye retournera dans sa cellule en attendant le délibéré fixé au 5 mai prochain.