Des migrants africains jetés à la mer par des garde-côtes grecs

Deux morts et un porté disparu suite à ce refoulement illégal.

Bateau garde-côtes

.

Selon une enquête menée par plusieurs médias européens, des garde-côtes grecs ont battu puis jeté à la mer trois migrants, sans canot ni gilet de sauvetage, en septembre dernier. Deux d'entre eux sont morts noyés suite à ce refoulement illégal. Un autre homme est porté disparu depuis fin janvier après avoir subi le même sort.

Ce sont des révélations qui font grand bruit. Un demandeur d'asile camerounais accuse des garde-côtes grecs de l'avoir jeté à la mer avec deux autres hommes qui sont morts noyés.

Les faits, qui remontent au 14 septembre, se sont déroulés au cours d'une opération de refoulement vers la Turquie au large de l'île de Samos, révèle une enquête menée pendant plusieurs mois par le média allemand der Spiegel, le site d'information français Mediapart, le journal britannique The Guardian et l'organisation de journalisme collaboratif Lighthouse Reports. Les journalistes ont obtenu des documents permettant de retracer ce "pushback" : données météorologiques, présence de bateaux à proximité du lieu de noyade, correspondance entre les différents récits, vérification de photos reçues, sons, localisations GPS...

Frappés "à coups de poing" et "jetés à la mer"

ADVERTISEMENT

Ce jour-là, Ibrahim, le demandeur d'asile à l'origine de ces accusations, avait, avec 35 autres personnes, embarqué à bord d'un canot pneumatique pour rejoindre Samos à partir des côtes turques. Arrivés sur l'île, plusieurs membres du groupe ont subi des violences de la part de garde-côtes grecs et se sont vu confisquer leurs téléphones portables et leur argent, selon plusieurs témoignages recueillis par ces médias. Certains assurent même avoir subi des fouilles dans l'anus et dans le sexe.

Les trois hommes ont quant à eux été contraints d'embarquer à bord d'un bateau présenté comme celui des garde-côtes de Samos. Mais une fois au large, les garde-côtes grecs les ont frappés "à coups de poing" avant de les "jeter à la mer", sans canot ni gilet de sauvetage, a raconté Ibrahim.

Les corps des deux victimes, un Ivoirien du nom de Sidy Keita, 36 ans, et un Camerounais, Didier Martial Kouamou Nana, 33 ans, ont été retrouvés par des garde-côtes turcs et des navires de plaisance, les 18 et 20 septembre dernier. Ibrahim, lui, a réussi à rejoindre à la nage les côtes turques en face de Samos. Il a depuis déposé une demande d'asile en Grèce.

"Pratique commune"

Au-delà de ce drame, les journalistes-enquêteurs affirment que jeter des migrants à la mer est désormais une "pratique commune" de la part des autorités grecques. "Deux gradés des garde-côtes grecs nous l'ont confirmé", assure Thomas Statius, un journaliste de Mediapart. "Deux raisons à cela : cela coûte moins cher de renvoyer les gens dans l'eau plutôt que de les placer dans un canot de sauvetage [et] cela envoie un message de l'autre côté de la mer Égée en Turquie où des milliers d'exilés veulent toujours tenter la traversée." Interrogés par ces médias sur cette affaire, Athènes a une nouvelle fois nié toute pratique illégale.

D'autres migrants jetés à l'eau en janvier

Les faits font écho à d'autres accusations. Fin janvier, le ministre turc de l’Intérieur avait accusé des garde-côtes grecs d'avoir jeté à l’eau, en pleine nuit, trois migrants qui venaient d’entrer illégalement sur l’île de Chios. Deux d’entre eux avaient réussi à rejoindre la Turquie à la nage avant d'être pris en charge, mais le dernier était porté disparu. "Il a dit qu’il ne savait pas nager, mais ils [les garde-côtes grecs, ndlr] ne l’ont pas écouté" Ses derniers mots ont été : «Je ne sais pas nager, je ne sais pas comment faire’ », avait expliqué un migrant présent lors de la scène.

Plusieurs Ong accusent régulièrement la Grèce de refoulements illégaux à sa frontière, ce qu'Athènes dément systématiquement.

ADVERTISEMENT

Témoin d'un événement? Contactez-nous directement sur nos réseaux sociaux ou via:

Email: temoin@pulse.sn

ARTICLES SUGGÉRÉS

Agression de MNF: une autre journaliste alerte sur sa sécurité

Agression de MNF: une autre journaliste alerte sur sa sécurité

Kaolack : un corps sans vie découvert dans un puits !

Kaolack : un corps sans vie découvert dans un puits !

Le Kenya et Haïti signent un accord pour l'envoi de policiers dans l'île

Le Kenya et Haïti signent un accord pour l'envoi de policiers dans l'île

Haïti : Port-au-Prince subit la violence des gangs !

Haïti : Port-au-Prince subit la violence des gangs !

Tribunal de Commerce de Dakar : les contentieux en chiffres !

Tribunal de Commerce de Dakar : les contentieux en chiffres !

Naufrage à Saint-Louis : des migrants étaient attachés dans la pirogue

Naufrage à Saint-Louis : des migrants étaient attachés dans la pirogue

Chavirement d’une pirogue à Saint-Louis : six individus arrêtés

Chavirement d’une pirogue à Saint-Louis : six individus arrêtés

Agression de MNF: les acteurs de la presse s'insurgent et appellent à la mobilisation

Agression de MNF: les acteurs de la presse s'insurgent et appellent à la mobilisation

Sénégal : plus de 800 personnes atteintes de maladies rares !

Sénégal : plus de 800 personnes atteintes de maladies rares !

ADVERTISEMENT