Iran vs Israël : ces questions pour comprendre la guerre

L'Iran a lancé samedi 13 avril une centaine de drones et des missiles contre Israël près de deux semaines après un raid contre le consulat iranien à Damas. Une attaque qui fait craindre une explosion au Moyen-Orient.

guerre iran israel

Redoutée depuis plusieurs jours, l’attaque de Téhéran sur l’Etat hébreu a finalement eu lieu samedi 13 avril dans la soirée. Mais l’envoi de centaine de missiles et drones n’a causé que des dégâts limités, engendrant nombre d’interrogations et d’interprétations.

Des centaines de drones et des missiles ont été tirés, depuis le territoire iranien mais aussi depuis d’autres pays de la région par les alliés de la république islamique. La majorité des projectiles ont toutefois été abattus, suscitant de nombreuses interrogations sur la stratégie iranienne ainsi que sur la suite des événements.

Après des années d’un conflit plus ou moins larvé entre Israël et l’Iran, les tensions étaient montées en flèche depuis deux semaines, après presque six mois d’une guerre à Gaza qui n’a cessé de faire craindre une escalade régionale. La raison : une frappe, attribuée à l’Etat hébreu, sur le consulat iranien à Damas, la capitale syrienne, le 1er avril. L’attaque avait notamment provoqué la mort de sept Gardiens de la révolution, l’arme idéologique de l’Iran, dont deux généraux. Le général Mohammad Reza Zahedi, commandant de la force Al-Qods iranienne pour la Syrie et le Liban et unique membre étranger de la plus haute instance du Hezbollah, était probablement la cible principale de cette frappe.

Ces derniers jours, les renseignements américains prévenaient : «L’idée n’est plus de savoir si l’Iran attaquera, mais quand.» Les Etats-Unis ont multiplié les efforts diplomatiques dans la région, demandant notamment aux Qataris, Chinois, et aux Turcs de dissuader Téhéran de toute riposte contre l’Etat hébreu.

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Aux alentours de 22 heures samedi soir, des survols de drones ont commencé à être signalés dans des pays situés entre l’Iran et Israël, notamment l’Irak. Téhéran a confirmé peu après avoir lancé depuis son sol des drones et des missiles vers l’Etat hébreu. Des groupes pro-iraniens, comme le Hezbollah et d’autres milices, se sont ensuite joints à l’attaque, en effectuant eux-mêmes des tirs de roquettes et de drones depuis le Liban, la Syrie, le Yémen et l’Irak.

Certains des projectiles, lancés depuis l’Iran distant d’environ 1 500 km d’Israël, ont mis plusieurs heures avant d’approcher leur cible. Les défenses antiaériennes, et notamment le Dôme de fer israélien, ont donc eu le temps de les détruire.

L’Etat hébreu affirme ce dimanche matin avoir «déjoué» l’attaque iranienne contre son territoire, en interceptant «99 % des tirs», selon le porte-parole de Tsahal. Aucun drone ni missile «n’a pénétré le territoire d’Israël», tandis que seuls quelques missiles balistiques «sont entrés et ont touché légèrement la base de Nevatim», située dans le désert du Néguev, au sud du pays, a-t-il poursuivi. «La base est toujours en activité et les pistes sont utilisées pour des atterrissages et des décollages.» Seuls quelques dégâts ont été enregistrés, notamment du fait de la chute de débris d’engins abattus en vol. Pour le bilan humain, la Croix-Rouge israélienne n’a pour l’instant recensé qu’une enfant de 7 ans blessée.

Pour intercepter les 300 projectiles, Israël a bénéficié de l’aide de ses alliés. Les forces américaines et britanniques auraient notamment abattu plusieurs engins. Idem pour la Jordanie, voisine de l’Etat hébreu.

Le porte-parole de Tsahal a aussi déclaré ce dimanche matin que la France a «contribué» à repousser l’attaque des drones et des missiles. On ignore encore l’action précise des troupes françaises, s’il s’agit de renseignements fournis sur les trajectoires des missiles ou d’interception directe.

Au milieu d’un concert international de critiques et «d’appel à la retenue», le chef des forces armées iraniennes a assuré ce dimanche matin que l’attaque menée dans la nuit contre Israël avait «atteint tous ses objectifs». A la télévision, le général Mohammad Bagheri a précisé que les deux sites ciblés avaient été «le centre de renseignement qui a fourni aux sionistes les informations nécessaires» à la frappe ayant détruit le consulat iranien à Damas le 1er avril, ainsi que «la base aérienne de Nevatim, d’où ont décollé les avions F-35» qui l’ont bombardé. «Ces deux centres ont été considérablement endommagés et mis hors service», a-t-il assuré. «Nous n’avons aucune intention de poursuivre cette opération, mais si le régime sioniste entreprend une action contre la République islamique d’Iran, que ce soit sur notre sol ou dans les centres nous appartenant en Syrie ou ailleurs, notre prochaine opération sera bien plus importante que celle-ci», a prévenu le haut gradé.

Dans un message publié dans la nuit sur le réseau social X (ex-Twitter), la représentation de la république islamique à l’ONU a estimé que son action militaire avait été «conduite sur la base de l’article 51 de la charte des Nations unies relatif à la légitime défense» après la frappe sur son consulat à Damas le 1er avril et que «l’affaire peut être considérée comme close». Téhéran a toutefois mis en garde : «Si le régime israélien commettait une nouvelle erreur, la réponse de l’Iran serait considérablement plus sévère.»

Après une réunion dans la nuit du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avec son cabinet de guerre, la réponse officielle de l’Etat hébreu et une éventuelle riposte se fait encore attendre. Ce dimanche matin, le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, a toutefois souligné que «la campagne n’est pas encore terminée».

De leur côté, les Etats-Unis, alliés historiques d’Israël, ont fortement condamné l’attaque iranienne et réassuré leur «soutien inébranlable» à l’Etat hébreu, par la voix du Président Joe Biden. Mais dans une conversation téléphonique avec son homologue israélien, le chef d’Etat américain lui aurait intimé de ne pas mener de contre-attaque directe contre l’Iran, selon plusieurs médias américains. Au regard de la quasi-totalité des tirs neutralisés sans impact majeur, «vous tenez une victoire. Prenez la victoire», aurait lancé Biden à Nétanyahou, selon les révélations du site américain Axios.

L’activité diplomatique va être intense ce dimanche, avec des réunions prévues en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et du G7.

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